Si certains constructeurs disent adieux à
leur concessionnaires ce n’est pas le cas de Stellantis, qui a une
autre vision.
Le marché automobile est en pleine mutation, et ce depuis de
nombreuses années déjà. Les ventes de voitures neuves peinent à
décoller, et les constructeurs sont pris à la gorge par les
réglementations. Sans parler bien sûr de la concurrence
grandissante des
marques chinoises. C’est dans ce contexte très tendu que les
entreprises traditionnelles doivent tenter de se réinventer. Mais
la priorité à l’heure actuelle est avant tout de réduire les
dépenses en tout genre. Ainsi, de nombreux constructeurs ont fait
le choix de se passer de leurs concessionnaires. Ces derniers sont
ainsi transformés en simples agences commerciales. Mais
Stellantis ne veut pas suivre le mouvement, au
contraire.
Stellantis croit à ses concessionnaires
Le groupe franco-italien, né en 2021 de la fusion entre
PSA et FCA mise sur une toute autre stratégie.
C’est en effet ce qu’a confirmé son patron
Antonio Filosa, relayé par le site Automotive News Europe. Depuis
sa prise de fonctions, ce dernier a choisi de replacer le réseau au
centre du jeu. Le PDG de Stellantis prévoit de rencontrer
personnellement les concessionnaires lors du salon NADA à
Las Vegas le mois prochain. Ce déplacement n’a rien
évidemment d’anodin. Et il illustre une volonté de renouer le
dialogue après une période jugée tendue par une partie du réseau
américain.
Sous l’ère
Carlos Tavares, de nombreux concessionnaires estimaient que
leurs préoccupations passaient au second plan. Réductions de
volumes, fermetures de sites et décisions perçues
comme trop centralisées avaient laissé des traces durables. Filosa
entend désormais tourner la page et mise sur une méthode
radicalement différente. Et cela s’est confirmé dès ses premiers
mois après son arrivée. Il a en effet multiplié les signaux en
direction du terrain, avec un discours axé sur l’écoute et le
partenariat. Pour lui, la croissance de Stellantis passe
nécessairement par celle de ses
concessionnaires.
Vers un renouveau pour le réseau ?
L’une de ses décisions les plus symboliques concerne le retour
de Tim Kuniskis, figure respectée du groupe.
Rappelé fin 2024 pour diriger Ram, ce dirigeant a immédiatement
relancé le moteur V8 Hemi sur le Ram 1500. Ce choix marque un
changement stratégique fort, avec un abandon partiel d’une approche
centrée uniquement sur l’électrique. Et les résultats commencent
déjà à suivre. Et pour cause, le groupe a enregistré deux
trimestres consécutifs de hausse des ventes aux
États-Unis en 2025. Sa part de marché est ainsi passée de 7,6 % fin
2024 à 8,2 %.
Pour Filosa, ces chiffres confirment que la coopération avec le
réseau porte ses fruits. Son message aux concessionnaires se veut
clair : poursuivre l’effort collectif, corriger
rapidement les erreurs et amplifier ce qui fonctionne. En
parallèle, Filosa conserve également la direction des opérations
nord-américaines. Un choix apprécié par les concessionnaires. Et
cette double casquette lui permet de rester connecté aux
réalités locales. Mais ce n’est pas tout. Car les
concessionnaires saluent aussi un style de management plus
responsabilisant. Selon les distributeurs, le patron inspire
confiance sans tomber dans le micro-management.
Cependant, tout n’est pas encore parfait. Et pour cause, des
points restent toutefois à améliorer. C’est par exemple le cas des
délais de livraison, encore jugés trop longs dans certains cas. En
parallèle, le groupe européen doit aussi composer avec les droits
de douane.