Souvent présentée comme artiste de « l’op art » ou « artiste abstraite féminine », Bridget Riley nait à Londres en 1931. Quelques années plus tard, elle découvre à la National Gallery Une Baignade à Asnières, tableau du peintre français Georges Seurat. Dix ans après cette rencontre, elle se met en tête de reproduire une copie du Pont de Courbevoie sans avoir vu l’oeuvre originale afin de comprendre comment le peintre est parvenu à créer une oeuvre dont la lumière est si saisissante. Moins intéressée par le contexte de l’oeuvre de Seurat, à cette époque, l’artiste anglaise cherche plutôt à surmonter ses propres difficultés à employer la couleur et trouver une véritable identité artistique.
Avec le désir de présenter le travail de Bridget Riley sous un autre jour, le Musée d’Orsay installe l’exposition de la salle Van Gogh aux galeries impressionnistes du cinquième étage. Avec une vue scène, le choix de cette gallerie est non seulement un clin d’oeil au motif récurrent dans l’oeuvre du peintre français et également un hommage rendu en France à une artiste britannique majeure dont la peinture engage un dialogue sensible et formel entre les traditions picturales française et anglaise.
Les avis des critiques
Sarah Ihler-Meyer : » L’exposition est très intéressante et plutôt pédagogique. Elle vise à éclairer le travail de Riley à la lumière de celui de Seurat, et inversement, dans une sorte de rétro-éclairage : comme si la peinture de Seurat portait déjà en germe l’abstraction qui sera celle de Riley. Cependant, j’ai été déçue par la sélection des œuvres de Riley, un travail que j’aime pourtant beaucoup par ailleurs. Les peintures choisies se ressemblent toutes. Résultat : le rapprochement entre Seurat et Riley se fait parfois au détriment de Riley, dont la spécificité et la puissance se trouvent quelque peu gommées. «
Corinne Rondeau : » L’exposition est d’une grande élégance et d’une grande finesse. J’ai pris plaisir à naviguer entre les œuvres, bien qu’elles soient peu nombreuses. Le rythme de l’accrochage est particulièrement réussi : on suit un parcours clair et soigneusement pensé, des œuvres ayant inspiré le travail de Riley, à ses études préparatoires, jusqu’à la dernière salle, où Le Cirque de Seurat dialogue avec les grands tableaux de lignes de Riley. L’ensemble est somptueux. La grande force du travail de Bridget Riley réside dans sa précision, sa mesure et sa rationalité. Ses tableaux aux lignes amples sont comme des partitions musicales, une forme de poésie. «
Extrait sonore
- Archive de Bridget Riley, vidéo du musée d’Orsay en 2025
Plus d’informations
- L’exposition Bridget Riley. Point de départ du 21 octobre au 25 janvier au Musée d’Orsay
- Commissariat : Sylvain Amic, Président de l’Établissement Public du musée d’Orsay et du musée de l’Orangerie, Valéry Giscard d’Estaing ; Nicolas Gausserand, Conseiller du Président, en charge des questions internationales et contemporaines.