Xavier Garcia, qui n’a pas réussi à s’entendre avec la liste d’union Écologistes-PS-PC, a finalement décidé de se présenter sur une ligne sociale-démocrate et sans logique d’appareil.

Les électeurs de gauche dans la terre de droite qu’est Nice (Alpes-Maritimes) vont avoir l’embarras du choix, et ce n’est pas un euphémisme. Un candidat Place publique, le parti de Raphaël Glucksmann, a annoncé se lancer dans la course à l’hôtel de ville. Une nouvelle dissidence alors qu’une tentative d’union avait été amorcée. Face au duel annoncé des frères ennemis Christian Estrosi (Horizons) et Éric Ciotti (UDR), la gauche part plus divisée que jamais avec cinq candidats différents, sans compter Jean-Marc Governatori avec son «écologie au centre».

Xavier Garcia est donc le nouveau postulant, un ex-socialiste passé à Place publique en juin et qui veut défendre à Nice une ligne sociale-démocrate «en sortant des logiques d’appareil». «On pense qu’il y a un électorat orphelin. Vous allez entendre parler de nous, avec des noms qui comptent dans la ville», soutient au Figaro l’universitaire de 50 ans, maître de conférences en sciences politiques à l’université Côte d’Azur.


Passer la publicité

S’il a finalement décidé de tenter sa chance dans cette salade électorale niçoise, c’est aussi parce qu’il n’a pas pu trouver d’accord avec la liste d’union Écologistes-PS-PC. Aucune place en position éligible n’aurait été proposée à Place publique. «Ce n’est pas un problème de personne mais de logique», résume Xavier Garcia. «Je peux comprendre un sentiment de gâchis, mais il n’y a ni vengeance ni téléguidage», ajoute-t-il.

Une mise au point utile puisque les rumeurs vont bon train d’une candidature poussée par le maire sortant Christian Estrosi qui, avec une gauche désunie, pourrait alors s’offrir un duel au second tour face à son ancien protégé et récupérer des voix anti-RN. Dans le microcosme politique niçois, on fait d’ailleurs remarquer que le secrétaire départemental de Place publique n’est autre que l’ancien directeur des Sports de la ville.

«Équilibre pas respecté»

«Je ne comprends pas comment Raphaël Glucksmann peut valider le fait qu’un candidat vienne diviser la gauche au profit d’Estrosi», peste-t-on dans les rangs de l’autre gauche niçoise. «L’équilibre n’est pas respecté», maintient Xavier Garcia, qui acte qu’il est désormais trop tard. Il assure être en capacité de cocher 69 noms d’ici le 26 février, date limite du dépôt des listes.

En partant unie sous l’étiquette du NFP lors des législatives anticipées de juin 2024, la gauche avait réussi à faire des bons scores dans les trois circonscriptions niçoises, en devançant même les candidats «estrosistes». Ce qui lui laissait bon espoir de peser une nouvelle fois dans les urnes pour les municipales. Mais la multiplication des candidatures confirme que la gauche est irréconciliable à Nice, au point de se saborder.

La liste Écologistes-PS-PC derrière Juliette Chesnel-Le Roux n’avait pas non plus réussi à s’entendre avec LFI, qui relance alors pour la deuxième fois sa candidate Mireille Damiano. L’ex-élue écologiste Hélène Granouillac et Estelle Jacquet pour Lutte ouvrière ont aussi déclaré leur candidature.