Marvin Joli, jugé devant la cour d’assises du Loir-et-Cher pour avoir violemment agressé son ex-compagne Chloé en 2022, a été condamné à quinze ans de réclusion criminelle assortie d’une peine de sûreté des deux tiers, vendredi 16 janvier. Ainsi que d’un suivi sociojudiciaire pendant sept ans, avec injonction de soins.

La cour n’a pas suivi les réquisitions de l’avocate générale, qui réclamait vingt-deux ans de réclusion, estimant qu’il subsistait un doute sur l’intention de tuer. Elle a ainsi reconnu Marvin Joli coupable de violences volontaires ayant entraîné une infirmité permanente sur son ex-concubine, originaire de Monts-sur-Guesnes (Vienne), et non de tentative de meurtre.

Avant que le jury populaire, composé de cinq femmes et un homme, se retire pour délibérer, Marvin Joli avait pris la parole pour affirmer : « Je sais au fond de mon cœur que je n’ai jamais voulu la tuer. »

Retrouvée dans une mare de sang

Le 13 décembre 2022, Chloé s’était présentée au commissariat de Blois pour porter plainte contre lui, avant d’être invitée à revenir le lendemain. Deux heures plus tard, elle était retrouvée laissée pour morte, dans une mare de sang, dans les parties communes de son immeuble.

Le jour des faits, alors que Chloé avait rompu précédemment, l’accusé a expliqué être revenu à Blois pour renouer avec la jeune femme, qui était tombée enceinte de lui et qui avait avorté avant l’agression. « Elle m’a dit avoir décidé d’interrompre la grossesse. J’étais triste et en colère », a-t-il dit depuis le box.

Marvin Joli a alors raconté ces « dix secondes top chrono », où tout a basculé, alors qu’elle s’apprêtait à sortir pour appeler à l’aide. « Je l’ai attrapée par les épaules, tirée vers l’intérieur de l’immeuble, puis j’ai porté trois coups de pied dans la tête », a raconté l’accusé, indiquant ne pas avoir imaginé « que c’était aussi grave ». Il a toujours nié avoir voulu la tuer.

Les séquelles de la jeune femme « miraculée », aujourd’hui âgée de 27 ans, sont nombreuses. Outre la perte de son œil droit, elle a subi des lésions neurologiques irréversibles, au terme notamment de deux mois de coma. Jeudi, à la barre, la mère de la victime a détaillé la perte des « souvenirs », du « goût », de « l’odorat » dont souffre désormais sa fille.