Par
Laure Gentil
Publié le
17 janv. 2026 à 10h06
Le tribunal a décidé d’être plus dur que les réquisitions du parquet. Vendredi 16 janvier 2026, R. Hadjadji, le CRS de 59 ans, aujourd’hui à la retraite, qui a tué Aboubacar Fofana, 22 ans, à Nantes en 2018, a été condamné à 7 ans de prison avec mandat de dépôt immédiat. Le procureur avait demandé quatre ans avec deux ans de sursis. Le sexagénaire a aussi interdiction définitive d’exercer la fonction de policier. R. Hadjadji a pris la décision de faire appel.
La thèse du tir accidentel écartée
Le policier a plaidé le tir accidentel tout au long du procès malgré les expertises et les témoignages démontrant le contraire.
Le 3 juillet 2018, Aboubacar Fofana, sous le coup d’un mandat d’arrêt, est contrôlé au volant d’une Nissan. Après avoir fourni une fausse identité, il avait essayé de fuir en marche arrière alors que des enfants se trouvaient à proximité. Il a percuté un véhicule garé avant de « rebondir » vers l’avant puis de repartir en arrière. Un coup de feu a retenti. Aboubacar Fofana, touché au cou, meurt quelques heures plus tard.
Le décès d’Aboubacar Fofana avait provoqué plusieurs nuits d’émeutes dans les quartiers du Breil et de Bellevue, ainsi qu’à Orvault et Rezé.
R. Hadjadji a dans un premier temps évoqué un tir de légitime défense. En garde à vue, il a par la suite affirmé qu’il s’était penché à l’intérieur de la voiture pour tenter de stopper le jeune homme et que son arme s’était alors accidentellement déclenchée.
Une version complètement contredite durant l’enquête et le procès. L’expert balistique et le légiste sont tous deux d’accord pour expliquer que le coup de feu n’a pas pu avoir lieu à l’intérieur de l’habitacle. De plus, l’arme ne montre aucune défaillance. Des arguments entendus par les juges puisque R. Hadjadji a finalement été condamné, huit ans après les faits.
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