Par

Fabien Binacchi

Publié le

17 janv. 2026 à 6h54

Big Brother is watching you ? À en croire Benoît Payan, le maire de Marseille, des caméras du système de vidéosurveillance de la ville seraient capables de voir, depuis la gare Saint-Charles, « quel texto vous faites quand vous êtes sur Notre-Dame-de-la-Garde ». Soit à plus de 2km de distance. Et même s’il a tout de suite précisé que c’était « interdit », sa déclaration sur LCI pose question. actu Marseille a voulu vérifier. Contactée, la Ville donne des précisions.

Les « meilleurs moyens » pour la police municipale

Officiellement lancé dans la campagne pour les prochaines élections municipales, Benoît Payan a fait le tour des médias cette semaine. Objectif : présenter un programme et défendre son bilan. Et c’est bien en expliquant que la deuxième ville de France avait « les meilleurs moyens pour [sa] police municipale », mardi 13 janvier 2026 sur l’antenne de LCI, que l’édile a évoqué ces fameuses caméras.

La séquence a beaucoup amusé à droite et Martine Vassal n’en a pas loupé une miette. « Le maire dit qu’on a des caméras supersoniques qui permettent de voir des textos à Notre-Dame-de-la-Garde, mais ils ne doivent pas être beaucoup à être derrière un écran », a notamment raillé la candidate, rapporte La Provence.

Des caractéristiques XXL

S’ils ne sont pas « supersoniques », les équipements évoqués par le sortant sont en tout cas « particulièrement performants » et offrent « un niveau de précision remarquable », avance la mairie, dans sa réponse transmise à notre rédaction.

Celle installée « sur un point haut proche de la gare Saint-Charles » affiche bien des caractéristiques XXL : « d’une portée de 5km et dotée d’une vision à 360 degrés », elle dispose d’un « zoom x55 permettant par exemple de lire les plaques d’immatriculation à très longue distance », rectifie la mairie. Pour les textos, on repassera.

De toute façon, comme l’a lui même expliqué Benoît Payan, « c’est interdit ». « Ces dispositifs doivent respecter la vie privée des personnes filmées », rappelle la Cnil, la fameuse Commission nationale de l’informatique et des libertés, sur son site Internet.

Pour des « enquêtes judiciaires » et contre les feux

La caméra en question a par contre permis « de fournir des images utiles à des enquêtes judiciaires majeures », vante la mairie. « Son flux est aussi mis à la disposition du Bataillon des marins pompiers pour la détection avancée des départs de feux, tout particulièrement lors de la saison des feux de forêts », avance-t-elle également.

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Au printemps dernier, Benoît Payan avait annoncé l’installation d’une de ces caméras « à 360 » sur l’arc de triomphe de la Porte d’Aix, à la croisée des 1er, 2e et 3e arrondissements. La Ville ne précise pas combien de ces équipements high-tech ont d’ores et déjà été branchés mais elle livre des informations plus globales.

Marseille dispose ainsi de « plus de 1930 caméras fixes et mobiles » et son « centre de supervision urbain » est « l’un des plus grands de France ». La municipalité rappelle également que, depuis 2021, « plus de 400 nouvelles caméras modernisées [ont été] mises en service avec le soutien financier de l’État dans le cadre du plan Marseille en Grand ».

En toile de fond de la campagne

La sécurité est au cœur de la campagne des élections municipales à Marseille. Benoît Payan et Martine Vassal ont déjà annoncé qu’ils voulaient encore doubler les effectifs de la police municipale. Le candidat du RN veut même les tripler. Ces trois candidats s’accordent également pour augmenter, à des degrés divers, le nombre de caméras.

Pas sur le même credo, la liste du LFI Sébastien Delogu met en avant leur « inefficacité » qui « a été prouvée ». Elle entend de son côté « réorganiser » les 800 agents de police déjà en poste « par arrondissements » et sur des missions « de prévention, de médiation ».

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