Alors que de violentes tensions se multiplient à Minneapolis, une juge fédérale a interdit le 16 janvier à la police de l’immigration d’arrêter ou de gazer des manifestants pacifiques. Donald Trump de son coté agitait la veille de cette initiative un possible recours à l’Insurrection Act.
Vendredi 16 janvier 2025, la juge fédérale Kate Menendez a ordonné des restrictions à la police de l’immigration (ICE) dans l’État du Minnesota. Selon ces consignes, les agents ne doivent pas arrêter ou détenir des manifestants dans leur véhicule qui « ne font pas obstruction » à leur action et ne pas utiliser de spray au poivre contre des manifestants pacifiques. Le fait de suivre les agents « à une distance appropriée ne crée pas en soi un soupçon raisonnable justifiant l’arrêt d’un véhicule », précise la décision, comme le rapporte Le Monde. Le ministère de la Sécurité intérieure a soixante-douze heures pour s’y conformer.
Pour rappel, Minneapolis fait face à de vives tensions entre les habitants et les agents de la police fédérale de l’immigration américaine (ICE). Une vague de manifestations et de protestations a éclaté après la mort de Renee Good, une Américaine de 37 ans. Cette mère de famille, abattue au volant de sa voiture par un policier de l’immigration, participait alors à une action coup de poing contre l’ICE, qui avait prévu une série d’arrestations d’étrangers en situation irrégulière sur le territoire.
Quelques jours plus tard, le 14 janvier, un policier de l’ICE a tiré sur un homme vénézuélien qui refusait de se soumettre à un contrôle routier, comme le souligne Le Monde. La Sécurité intérieure a déclaré par la suite qu’il s’agissait d’un « étranger en situation irrégulière venant du Venezuela » ayant résisté à son arrestation.
Donald Trump et la menace de l’Insurrection Act
En réaction à la décision limitant l’autorité de la police de l’immigration dans l’État du Minnesota, Donald Trump a estimé qu’il ne voyait « pas de raison pour le moment » d’invoquer l’Insurrection Act face à des manifestations dans cet État. Le président des États-Unis avait brandi la menace de l’Insurrection Act, jeudi 15 janvier, après de nouveaux heurts entre forces de l’ordre et manifestants à Minneapolis. Ce texte permettrait au chef d’État d’employer l’armée comme une force de police à Minneapolis. « Si j’en avais besoin, je l’utiliserais. Je pense qu’il n’y a pas de raison pour le moment de le faire », estimait le chef d’État de 79 ans.
Dans un message sur le réseau Truth Social, Donald Trump menaçait de faire usage de cette mesure si « les politiciens corrompus du Minnesota ne respectent pas la loi et ne s’emploient pas à empêcher les agitateurs professionnels et les insurgés d’attaquer », les agents d’ICE. Les autorités démocrates du Minnesota accusent de leur côté le gouvernement de semer le chaos à Minneapolis en multipliant les opérations de contrôle et les arrestations.
publié le 17 janvier à 11h29, Axel Juin, 6Medias
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