Des soldats de l’armée syrienne sur la route reliant Alep à Deir Hafer (Syrie), le 17 janvier 2026. PHILÉMON BARBIER/HORS FORMAT POUR « LE MONDE »
L’armée syrienne a annoncé samedi 17 janvier qu’elle contrôlait la ville de Deir Hafer, un secteur du nord de la Syrie situé à l’est d’Alep, après que les forces kurdes ont accepté la veille de s’en retirer à la suite de récents combats.
L’armée a annoncé avoir pris « le contrôle militaire total » de Deir Hafer, dans un communiqué transmis par la télévision officielle, tandis qu’un correspondant de l’Agence France-Presse (AFP) a vu des troupes se déployer dans la ville. Un peu plus tôt, l’armée avait déclaré que ses forces avaient « commencé à entrer dans le secteur à l’ouest de l’Euphrate, à commencer par la ville de Deir Hafer ».
Les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, qui devaient quitter la zone samedi matin, « ont violé l’accord » et visé une patrouille près de la ville de Maskana, « tuant deux soldats », selon un communiqué de l’armée diffusé samedi en fin de matinée.
Les FDS ont accusé l’armée de violer l’accord en entrant dans les villes de Deir Hafer et Maskana « avant le retrait total » des combattants kurdes, « créant une situation très dangereuse », et imputé les incidents survenus à Maskana à des « violations commises par le gouvernement » syrien.
« Violent pilonnage »
Au moment où il est engagé dans un conflit avec les forces kurdes qui contrôlent le nord du pays, le président syrien, Ahmad Al-Charaa, a annoncé vendredi soir reconnaître par décret les droits nationaux des Kurdes dont la langue sera désormais officielle. Le chef de l’Etat islamiste a affirmé que les Kurdes constituaient « une partie intégrante » du pays où ils ont souffert de décennies de marginalisation et d’oppression des régimes précédents.
Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Syrie : à Alep, après la chute de Cheikh-Maqsoud, la peur du lendemain des Kurdes
Lire plus tard
M. Charaa a renversé en décembre 2024 Bachar Al-Assad à la tête d’une coalition islamiste et veut étendre son autorité sur l’ensemble du territoire syrien. La minorité kurde avait profité du chaos de la guerre civile (2011-2024) pour s’emparer de vastes territoires du nord et du nord-est de la Syrie, où se trouvent des champs pétroliers et gaziers, après avoir défait le groupe djihadiste Etat islamique avec l’appui d’une coalition multinationale.
Des combats avaient opposé la semaine dernière l’armée syrienne aux forces kurdes à Alep ; ces dernières avaient été délogées des deux quartiers qu’elles y contrôlaient. Les forces syriennes ont ensuite massé d’importants renforts dans la région de Deir Hafer, à une cinquantaine de kilomètres à l’est d’Alep, et sommé les FDS d’évacuer une zone entre cette région et l’Euphrate, plus à l’est.
Le chef des FDS, Mazloum Abdi, a annoncé un retrait devant s’effectuer samedi matin. Peu auparavant, l’armée avait annoncé bombarder les positions kurdes dans la région après avoir émis des avertissements aux civils, les FDS faisant pour leur part état d’« un violent pilonnage ». L’armée avait accordé un délai aux civils pour évacuer la zone sous contrôle des FDS ; plus de 4 000 civils avaient fui, selon les autorités syriennes.
Lire aussi | Article réservé à nos abonnés A Alep, en Syrie, le pouvoir reprend le contrôle des quartiers kurdes
Lire plus tard