Dix jours après le retour de Filou, le chat vagabond qui a parcouru 250 kilomètres en quatre mois pour retrouver ses maîtres, est devenu une star dans son village d’Olonzac, près de Narbonne (Hérault). Évelyne et Patrick, ses maîtres, sont passés du désespoir le plus noir à la joie quand ils ont appris la réapparition de leur chat bicolore noir et blanc à un kilomètre à peine à vol d’oiseau de leur maison.
Depuis, ils cherchent à comprendre comment le miracle a pu se produire et lancent un appel pour retrouver celles et ceux qui ont pu croiser Filou sur son parcours entre Maçanet de la Selva, sur une autoroute de Catalogne, et le Minervois, de part et d’autre de la frontière espagnole.
« Il a disparu alors que nous faisions le plein »
« Notre chat avait disparu le 9 août dans la soirée, alors que nous faisions de plein de carburant à la station Repsol à Maçanet de la Selva, entre Barcelone et Gérone. Nous rentrions de nos longues vacances à l’embouchure de l’Èbre. Filou a sans doute profité d’une vitre du camping-car restée ouverte pour sortir. Nous n’avons découvert sa disparition le lendemain matin », rembobine Patrick Sire, professeur de mathématiques.
Avait alors commencé pour le couple une véritable traque pour retrouver Filou. « Nous sommes retournés sur place. Avons enquêté, déposé un signalement à la Guardia civil, distribué des photos et fouillé longuement les alentours, en vain », se souvient Évelyne qui avait fini par se rendre à la triste évidence que Filou ne reviendrait plus jamais se blottir dans ses bras.
Puis, le 8 janvier dernier, Hélène Tisseyre, la directrice de la cantine de Homps, le village voisin, a frappé à la porte pour annoncer que Filou était « en pension complète chez elle depuis un mois ». « Début décembre, j’ai aperçu ce chat, près du portail. Il était maigre, faible. Il n’avait plus que la peau sur les os. J’ai commencé à le nourrir. Il a fini par entrer dans la maison. Début janvier je l’ai emmené chez le vétérinaire parce qu’il toussait. Il était pucé. Et il y avait l’adresse de sa famille à Olonzac », raconte Hélène.
« Il nous attendait derrière la porte. Ce fut un exceptionnel moment d’émotion, pour nous et pour Hélène aussi » se souvient Patrick Sire qui vit désormais au rythme du passage des policiers municipaux. Ils apportent de la mairie des messages de la France entière de journalistes ou d’associations qui veulent savoir pour Filou, le chat grand voyageur.
« Il nous attendait derrière la porte »
« Cette histoire de voyage est exceptionnelle, explique le vétérinaire Jean François Audrin, patron de la clinique Vétocia de Montpellier et fondateur de Liv’Vet, une application de consultation à distance. D’autant que les chats quand ils sont dans cette situation avancent lentement, mais dans la bonne direction. Comme s’ils avaient en eux une boussole qui leur permet de s’orienter.
« Des études sont en cours, poursuit le médecin, pour déterminer les liens entre le chat et les réseaux magnétiques terrestres. Le chat peut aussi se guider par rapport au soleil. Lors d’un périple comme celui-ci, on peut aussi supposer qu’il a bénéficié d’opportunités pour être nourri, temporairement hébergé et même transporté. » « Maintenant, nous voulons refaire le parcours de Filou, assure Évelyne Sire et nous recherchons les personnes qui ont pu le voir, l’aider, l’héberger. » Car Filou a toutes les qualités du monde mais pas celle de raconter ses voyages.