Delogu dément ces propos qui ont mis le feu à la campagne à Marseille

MIGUEL MEDINA / AFP

Delogu dément ces propos qui ont mis le feu à la campagne à Marseille

EN BREF Sébastien Delogu, candidat LFI, dément des propos attribués par le Canard Enchaîné au sujet des municipales à Marseille.
Le Parti socialiste l’avait accusé de vouloir se maintenir coûte que coûte au second tour quitte à favoriser la victoire du Rassemblement national.
L’insoumis s’en prend à l’autre candidat de gauche, Benoît Payan, qu’il accuse de ne pas vouloir l’union.

Avis de tempête sur le Vieux-Port. Le candidat de La France insoumise aux municipales à Marseille, Sébastien Delogu, dément des propos qui sèment la pagaille dans la campagne à deux mois du second tour. Tout est parti d’un article du Canard Enchaîné publié ce mercredi 14 janvier.

L’hebdomadaire prête au député des Bouches-du-Rhône une phrase prononcée à un responsable du Rassemblement national local : « votre chance, c’est une quadrangulaire. » Sous-entendu : l’extrême droite (donnée au coude à coude avec le maire PS sortant Benoît Payan dans les sondages du premier tour) peut l’emporter, si la liste de la France insoumise se maintient au second.

Six mots, attribués mais non sourcés, qui ont fait l’effet d’une allumette dans cette course inflammable. Le Parti socialiste s’en empare pour accuser leur concurrent d’avoir comme seul objectif de faire perdre la mairie à la formation d’Olivier Faure. Quitte à en offrir les clefs aux troupes de Marine Le Pen.

Le PS voit un « signal politique clair »

« Les propos attribués à Sébastien Delogu ne sont pas un dérapage, c’est un signal politique clair », a par exemple réagi Samia Ghali, adjointe de Benoît Payan, sur les réseaux sociaux, à l’unisson de nombreux socialistes locaux. Ils ont été rapidement rejoints par des membres de la direction nationale… Et des représentants d’autres partis à gauche.

Ainsi, le premier secrétaire Olivier Faure a fustigé le projet « clair », selon lui, de la France insoumise, lequel consiste à « préférer l’arrivée de l’extrême droite à celle de la gauche unie hors LFI. » Dans son sillage, le Parti communiste, s’est lui aussi fendu d’un communiqué pour étriller une « faute politique majeure. » « On ne combat pas l’extrême droite en la banalisant. On ne l’affaiblit pas en l’utilisant », écrit la formation de Fabien Roussel, alliée au PS dans de nombreuses villes pour ces municipales, Marseille entre autres.

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En réponse à ces attaques, les cadres de la France insoumise ont rapidement reproché à leurs anciens partenaires de relayer des propos colportés par le Rassemblement national pour servir leur discours et faire de LFI les principaux diviseurs de la gauche. Bien que Le Canard Enchaîné ne précise pas l’origine de ce « off. »

« Je dénonce absolument ces méthodes trumpistes qui déshonorent leurs auteurs. Lorsque l’on combat le Rassemblement national, on ne commence pas à véhiculer ces mensonges pour servir des petits intérêts politiciens », a ainsi dénoncé Manuel Bompard sur les réseaux sociaux, évoquant une « campagne de calomnies inacceptable » qui « vise à salir des militantes et des militants, dont l’engagement contre l’extrême droite est total. »

« Ces propos sont évidemment mensongers »

Face à ce tollé, le principal concerné, Sébastien Delogu, a fini par réagir vendredi en fin d’après-midi. « Ces propos sont évidemment mensongers. Relayer la parole du RN est une faute politique. Dès ma déclaration de candidature, j’ai proposé un cadre commun majoritaire à gauche au second tour, qui empêche toute quadrangulaire », a-t-il ainsi répondu, lui aussi sur les réseaux sociaux, ajoutant que « le seul à le refuser aujourd’hui, c’est Benoît Payan. » De quoi fermer le ban, et éteindre le départ de feu ?

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Rien n’est moins sûr, tant les rancœurs sont tenaces entre le Parti socialiste et la France insoumise, dans le Sud, ou ailleurs. À Marseille, les deux camps s’accusent mutuellement depuis des semaines de favoriser l’arrivée au pouvoir du parti de Marine Le Pen, dont la candidature menée par Franck Allisio est donnée dans les sondages à 30 % au premier tour.

Le PS reproche à Sébastien Delogu de proposer sa candidature et d’envisager de la maintenir au second tour, au risque de diviser la gauche. Les mélenchonistes dénoncent, eux, le discours de Benoît Payan qui se refuse pour l’heure à imaginer une alliance pour éviter toute triangulaire ou quadrangulaire qui serait, de fait, un avantage pour l’extrême droite. Il leur reste soixante jours, et un premier tour, pour s’entendre. Ou, au moins, éteindre le feu.