Réfugiée ukrainienne arrivée aux États-Unis en 2022, Iryna Zarutska, 23 ans, a été tuée à coups de couteau l’été dernier dans un train en Caroline du Nord. Une fresque en son hommage, financée en partie par Elon Musk et installée à Brooklyn, ravive aujourd’hui les tensions politiques locales.
Une fresque murale représentant Iryna Zarutska, une réfugiée ukrainienne de 23 ans assassinée l’été dernier aux États-Unis par un SDF au lourd passé criminel, a été peinte ces dernières semaines sur un immeuble de Brooklyn. Financé en partie par Elon Musk, le projet suscite une vive controverse locale, certains habitants dénonçant une instrumentalisation politique d’un drame.
Selon le New York Post, la peinture de trois étages est apparue dans le quartier de Bushwick, à l’angle de Jefferson Avenue et Evergreen Street, comme l’attestent des images publiées sur les réseaux sociaux par l’artiste Ben Keller, auteur du portrait en collaboration avec le collectif HOACS. Elle s’inscrit dans une campagne nationale initiée par Eoghan McCabe, PDG de la société technologique Intercom, visant à rendre hommage à Iryna Zarutska à travers des fresques installées dans plusieurs grandes villes américaines.
Musk donne un million de dollars
«J’ai lancé cette campagne pour m’assurer que l’histoire d’Iryna ne disparaisse pas», a expliqué McCabe au New York Post, affirmant vouloir alerter sur les conséquences des politiques pénales menées dans certaines grandes villes américaines. Selon le quotidien new-yorkais, l’entrepreneur a versé 500.000 dollars au projet, auxquels se sont ajoutés un million de dollars promis par Elon Musk et environ 200.000 dollars issus de dons plus modestes.
Le New York Post rapporte que la fresque a d’abord suscité des réactions positives sur les réseaux sociaux, saluant un hommage à la jeune femme. Mais la contestation s’est rapidement organisée. Sur des forums de quartier et des pages Reddit, des militants de gauche ont dénoncé une opération de propagande, accusant les financeurs du projet d’instrumentaliser la mort de la victime à des fins politiques, notamment pour nourrir un discours sécuritaire et anti-immigration.
«Bien sûr qu’elle mérite d’être honorée, mais utiliser sa mémoire pour attiser les tensions politiques est malsain», a écrit un internaute cité par le New York Post. Par ailleurs, plusieurs habitants interrogés par le quotidien se sont dits perplexes quant au choix de Brooklyn, quartier réputé progressiste, certains soupçonnant une volonté délibérée de provocation.
Une initiative devenue nationale
Cette polémique locale s’inscrit dans une campagne d’ampleur nationale. D’après Fox News, Eoghan McCabe propose de financer des fresques à hauteur de 10.000 dollars chacune et affirme être en discussion avec plus de 1000 artistes à travers le pays. Des campagnes d’affichage seraient également en préparation dans plusieurs grandes villes américaines.
La mort d’Iryna Zarutska, survenue le 22 août 2025, avait choqué l’opinion publique. Arrivée aux États-Unis en août 2022 pour fuir la guerre en Ukraine, elle a été poignardée à mort dans un train à Charlotte, en Caroline du Nord. Le suspect, Decarlos Brown Jr., avait déjà été arrêté à quatorze reprises. Les images de vidéosurveillance du meurtre, devenues virales, ont relancé le débat national sur la criminalité et la sécurité dans les transports publics.
L’affaire a notamment été commentée par le président américain Donald Trump, qui a dénoncé un crime «horrifiant» et réclamé la peine de mort pour le meurtrier présumé. «Il ne peut pas y avoir d’alternative», a-t-il déclaré, estimant que le suspect n’aurait jamais dû se trouver en liberté au regard de son lourd passé judiciaire.