l’essentiel
La Confédération paysanne du Lot organise, au cinéma l’Atelier, à Gramat, la projection d’un documentaire intitulé « De la guerre froide à la guerre verte », de la réalisatrice italo-paraguayenne Anna Recalde Miranda. Elle aura lieu le 26 janvier à 20 h 30. Un film qui, selon le syndicat, prend tout son sens et doit être lié aux accords du Mercosur.

Le Mercosur est au cœur de l’actualité. À Gramat, la Confédération paysanne du Lot, avec l’association Vigilance OGM 46, prépare une autre forme de mobilisation autour de ces accords de libre-échange entre les pays de l’Union européenne et plusieurs pays d’Amérique du Sud. Au cinéma l’Atelier, ils organisent la diffusion d’un documentaire intitulé « De la guerre froide à la guerre verte », de la réalisatrice italo-paraguayenne, Anna Recalde Miranda. Elle aura lieu le 26 janvier, à 20 h 30.

Ce film retrace l’histoire de la frontière entre le Paraguay et le Brésil, devenue un « désert vert » et le lieu d’origine de la « République du soja », depuis les années 1960, où le Paraguay était sous le régime d’une dictature jusqu’à ce jour. Dans le dossier de présentation du film, ce lieu est décrit comme un territoire au statut quasi « indépendant ». « Ici tout est possible, planter des semences interdites, arroser les terres, et leurs habitants avec des produits agrochimiques depuis les airs à l’aide d’avions à moteurs jumelés », mentionne le dossier.

Trois membres de la Confédération paysanne du Lot, lors d’une mobilisation, en décembre dernier.

Trois membres de la Confédération paysanne du Lot, lors d’une mobilisation, en décembre dernier.
DDM – Selim Bi Hi-Samin

 

À lire aussi :
Mercosur : le député du Lot Aurélien Pradié réclame un référendum

Tout cela découlerait, selon le documentaire, de l’ »opération Condor ». Opération menée par les anciennes dictatures d’Argentine, de Bolivie, du Brésil, du Chili, du Paraguay et de l’Uruguay où des milliers de personnes considérées comme « subversives » ont perdu la vie.

À lire aussi :
« On ne peut pas rivaliser » : pourquoi les éleveurs bovins craignent autant l’accord UE-Mercosur

« Les produits importés du désert vert posent question »

Mais quel lien avec le Mercosur ? Alexis Esteulle, porte-parole de la Confédération paysanne 46, en charge de l’organisation de l’événement explique : « C’est un documentaire qui raconte le coup d’État et l’impérialisme américain avec une expérimentation de politique néolibérale dans le cône sud par les États-Unis. On peut faire un lien autour du libre-échange. C’est une méthode agricole qu’on voit avec le Mercosur et que, nous, on conteste ».

À lire aussi :
Dermatose nodulaire : « Le Mercosur est une catastrophe, sans rébellion, ça se passera mal », réactions des politiques venus soutenir les agriculteurs

L’éleveur de chèvres à Issepts est catégorique : il ne veut pas voir des produits importés de cette région. « Les produits importés du désert vert posent question d’un point de vue écologique. Et d’un point de vue social aussi, avec des paysans qui ont des conditions de travail et un salaire miséreux. Ils sont payés 1 euro de l’heure », appuie-t-il.

À lire aussi :
Colère des agriculteurs :  » Il faut que le gouvernement embraye sur l’arrêt du Mercosur et la relocalisation des filières »

Alors quand la réalisatrice a contacté le syndicat, au niveau national, pour organiser plusieurs projections, ils n’ont pas hésité. « Le Mercosur est une catastrophe autant pour les pays ici que les pays là-bas. C’est la suite logique de ce terrain d’expérimentation à cause des dictatures des années 1970 poussées par les politiques états-uniennes. On va en débattre », souligne le porte-parole. Après la diffusion du documentaire, un débat, en présence de la réalisatrice, sera organisé autour de la projection mais également autour des accords du Mercosur.