Qui succédera en mars à Anne Hidalgo ? Le scrutin municipal à Paris est très ouvert. Il l’est encore davantage depuis l’annonce début janvier, de la candidature de Sarah Knafo, députée européenne Reconquête !. Elle était créditée de 9 % d’intention de vote (*) avant sa candidature et n’a pas l’intention de faire de la figuration.
À 32 ans, la compagne d’Éric Zemmour a de grandes ambitions tout comme Sophia Chikirou, candidate La France insoumise (LFI). La députée de Paris et conseillère régionale d’île de France, est en lice depuis novembre. Le même sondage la crédite de 11 % des intentions de vote. Elle est donc en position de se maintenir au second tour, face à la liste d’union de la gauche (PS, PCF, Écologistes, Place publique et L’Après) menée par Emmanuel Grégoire.
Deux ambitions, deux ambitieuses
« Il ne faut pas qu’un socialiste soit maire de Paris », avait dit au moment de sa candidature celle qui est souvent présentée comme la compagne de Jean-Luc Mélenchon. L’hypothèse de son maintien dans une configuration de triangulaire face à la liste de gauche et à la liste conduite par Rachida Dati (Les Républicains et MoDem) pourrait lui permettre d’exaucer ce souhait. Emmanuel Grégoire veut croire que cela ne sera pas le cas et que le rassemblement de la gauche hors LFI, inédit à Paris pour le premier tour, créera une dynamique de vote utile. Méthode Coué ?
À droite, la candidature de Sarah Knafo est une mauvaise nouvelle pour Rachida Dati à qui elle pourrait prendre des voix dans l’électorat de droite bourgeois de la capitale. Lors de la dernière présidentielle, Éric Zemmour avait largement devancé la candidate LR Valérie Pécresse dans l’Ouest parisien. Sarah Knafo, si elle parvient à siphonner une partie des voix du candidat du Rassemblement national Thierry Mariani, a de sérieuse chance de pouvoir se maintenir au second tour. Elle promet de « tendre la main » à Rachida Dati et c’est tout ce que le parti de Bruno Retailleau redoute. L’alliance de la droite et de l’extrême droite dans la capitale, à un an de la prochaine présidentielle, ne passerait pas inaperçu.
(*) Sondage Elabe Berger Levrault pour BFM et La Tribune dimanche réalisée du 2 au 9 janvier auprès de 1010 personnes.