Élu maire en 2020, Michaël Delafosse annonce officiellement sa candidature en exclusivité à Midi Libre. Il dresse le bilan de son action qu’il souhaite « consolider » à travers un nouveau mandat et esquisse le cap qu’il veut donner à la ville.

A deux mois des élections municipales, êtes-vous candidat à votre succession ?

Oui, par amour pour Montpellier, par ambition et exigence pour notre ville et l’envie de poursuivre cette transformation, je suis candidat pour un second mandat.

Comment s’est déroulé votre conseil de famille en fin d’année ?

Ça a été un moment très important juste après la mise en service de la ligne 5 de tramway. C’était fondamental de finir les grands chantiers. On a beaucoup échangé. Je suis très attaché à cet équilibre familial. Mon épouse mène de manière remarquable sa carrière professionnelle. Si j’ai l’honneur d’être maire, je suis aussi père. Mes deux magnifiques enfants, 12 et 17 ans, m’ont fait part de leurs encouragements. Cet équilibre a été parfois tourmenté quand j’ai été confronté à des tragédies : la mort d’Aymen, d’Adam, la tragédie du petit Julio.

Avez-vous vraiment hésité ?

Il y a eu des questionnements. J’ai acquis davantage d’expérience et de solidité qui me permettent de mieux agir pour Montpellier et dans ma vie privée.

Vous avez été régulièrement pris pour cible, comment avez-vous vécu ces attaques ?

Les narcotrafiquants me menacent. Les islamistes ont mené une campagne outrancière après mon engagement en faveur de la laïcité. Être engagé en politique, c’est faire preuve de courage. Ce qui m’a surpris, c’est le silence de certains. Rien ne me fera reculer contre le respect de la règle, la lutte contre le narcotrafic ou l’intégrisme religieux. Quand je qualifie l’assassin de Samuel Paty de “fanatique islamiste”, la députée LFI de la 2e circonscription cherche la polémique en expliquant qu’il y a un manque de moyens. Quand des affiches me traitant de raciste circulent dans sa circonscription, il faut être en mesure de dire qu’on n’est pas d’accord. La violence n’a pas sa place dans la démocratie.

Vous dites souvent avoir fait deux mandats en un, ce timing vous a été reproché. Pensez-vous avoir perdu des électeurs en chemin ?

La France doute, on sent un déclin en raison de l’impuissance gouvernementale. Moi, je crois au volontarisme. Je dois beaucoup à Georges Frêche, je sais combien il faut agir. Les Montpelliérains ont souffert quand leur gare n’était pas connectée au tramway, quand ils ont attendu la ligne 5. J’ai fait ce que j’ai dit en tenant les délais. Nous avons rattrapé le retard. Le mandat dans lequel je m’engage, c’est un mandat de consolidation, de poursuite de transformation de la ville. Le mouvement que nous avons connu ces cinq dernières années ne se reproduira pas avant très longtemps. Je remercie les habitants et les commerçants de leur patience. Aujourd’hui, ils voient le résultat. Comme quand on habite à la Mosson.

Après ce mandat de “rattrapage”, comment aimeriez-vous, si vous êtes réélu, placer le second, notamment en matière d’investissements ?

On va continuer à parler de mobilités. Après les 5 lignes de tramway, il faut faire les 5 lignes de bustram. Un aperçu a été donné durant ce mandat. À terme, nous aurons 10 lignes de transport en commun, avec une meilleure amplitude le soir. Au terme du mandat, le tramway quittera les frontières de la Métropole. Je veux continuer à agir pour le pouvoir d’achat avec la gratuité des transports, le bouclier social. Il y aura un office municipal du pouvoir d’achat pour accompagner les habitants…

On vous reproche un taux d’endettement élevé, pourriez-vous remettre en cause la gratuité ?

L’engagement est clair. Tant que je serai président de la Métropole, la gratuité des transports se poursuivra. L’endettement de la Ville est de 6,5 ans. Le président de la commission des finances de la Métropole a salué nos efforts d’investissement. Le taux d’endettement est de 11,9 ans. On finit de payer la ligne 1 en 2028. Ces lignes de tramway sont là pour 50 ans. Nous allons être sur cette trajectoire de réduction avec une nécessaire maîtrise de la fiscalité dans un contexte compliqué au niveau national.

Votre action s’est-elle faite au détriment de la concertation sur certains sujets ?

La démocratie consiste à respecter ses engagements. Je les ai tenus : gratuité, connexion à la gare, ligne 5, démantèlement du bidonville à Celleneuve… Je crois en l’efficacité de l’action publique. Je ne me suis pas dérobé. A vélo, à pied, je suis interpellé. On a impulsé des mécanismes de concertation, des balades urbaines, initié une convention citoyenne, on va continuer. Il faut co-construire mais à un moment, pour avancer, il faut choisir. « Gouverner, c’est choisir », disait Mendès-France. Nous n’avons pas deux mandats en un cette fois-ci. Nous allons nous occuper des places de quartiers en travaillant ensemble. Ceux qui donnent des leçons de démocratie, où sont leurs compte-rendus de mandat ? Je me suis appliqué le non-cumul des mandats en démissionnant de mon poste de conseiller départemental. Mes opposants, aussitôt élus députés, veulent aller à la mairie… Le procès dans l’exercice démocratique est souvent celui des opposants, aujourd’hui je peux me tourner sereinement devant les Montpelliérains en ayant respecté mes engagements. Les rares fois où j’ai eu des paroles maladroites, je m’en suis excusé. Certains me disaient, tu devrais couper le micro : jamais !

Je veux continuer à agir pour le pouvoir d’achat avec la gratuité et le bouclier social

Des regrets ?

J’aurais dû m’impliquer personnellement sur le dossier des déchets. Si je l’avais fait plus tôt, on aurait pu baisser la TEOM. Je m’étais engagé sur l’avenue de Toulouse… je souhaite être un maire efficace. Je ne me représente pas pour des questions de prestige et d’honneur. Je me présente pour continuer à transformer Montpellier et agir contre les inégalités.

En 2020 vous étiez challenger, aujourd’hui vous êtes favori, qu’est-ce que cela change pour vous ?

Les sondages disent la reconnaissance du travail accompli et de l’énergie mise au service de Montpellier. J’y consacre 80 h par semaine avec tout mon cœur. Mais les sondages, ce n’est pas l’élection. Je demande aux Montpelliérains de m’accompagner dans cette campagne et de me donner de la force dès le 1er tour. En 2020, je ne me suis pas attaché aux polémiques et alliances contre nature. Je conseille une chose aux candidats : parlez de Montpellier, des habitants et des projets. Il faut que la ville soit forte pour relever les défis. Je ferai une proposition chiffrée en terme de création d’emplois. Je ne me résoudrai jamais à des jeunes inquiets face au chômage. On a structuré les filières : Medvallée, les ICC, les énergies renouvelables, le numérique. Le développement économique sera un des enjeux très importants de l’action que j’aurai à conduire. J’ai un cap pour Montpellier.

A lire ce dimanche sur Midilibre.fr les mesures phares de son programme et la façon dont il compte constituer sa liste.