Les manifestants se sont regroupés vers 15 h à proximité de l’esplanade Charles de Gaulle en brandissant des drapeaux de l’ancienne monarchie d’Iran. Depuis la fin du mois de décembre les manifestations se multiplient dans les rues iraniennes. Un mouvement de contestation qui a débuté le 28 décembre dernier du bazar de Téhéran, initialement contre le coût de la vie et qui s’est propagé au reste du pays avec les revendications réclamant la fin du régime des Mollahs dirigeant la République islamique. Des manifestations que les autorités n’ont pas hésité à réprimer dans le sang.

« On est devant un régime criminel qui tue son propre peuple » explique une manifestante. Certains mettent le feu à des photos de l’ayatollah Ali Khamenei le guide de la révolution islamique.

« On est devant un régime criminel » : à Rennes une manifestation pour soutenir le peuple iranien (Le Télégramme/Erwan Miloux)« On espère que ce régime sanguinaire va tomber »

Quand on évoque le nom de Reza Pahlavi, fils de l’ancien chah d’Iran, des tensions montent parmi les manifestants. « Les gens ont besoin de quelqu’un, d’un système, d’un groupe qui les accompagne. Le fils de l’ancien Chah d’Iran est la seule personne qui a su passer le message, de la promesse de la liberté, d’un gouvernement libre. Mais cela pourrait être quelqu’un d’autre. L’urgence est de porter et faire entendre la voix du peuple. On a peut-être des idées différentes mais on est tous là pour en terminer avec ce régime islamique » explique Sarah une Franco iranienne. Beaucoup parmi les manifestants s’inquiètent pour leurs proches depuis la coupure des communications internet imposée par les autorités. « On n’a plus de nouvelles de nos familles. Mon frère est allé jeudi jusqu’à la frontière Turc pour avoir du réseau et envoyer un message pour dire que ça allait bien mais depuis plus rien » souligne Esther.

« On est devant un régime criminel » : à Rennes une manifestation pour soutenir le peuple iranien (Le Télégramme/Erwan Miloux)« Au début il y a eu beaucoup d’espoir »

Même crainte pour ce réfugié vivant en France depuis 2013 : « Ma sœur est dans une petite ville de l’ouest de l’Iran. Après l’appel de Reza tout le monde était dans les rues. Les gens n’avaient pas peur. Depuis tout est coupé on ne reçoit plus de message. On espère que ce régime sanguinaire et barbare va tomber. Mais ça va être compliqué pour les Iraniens. Moi j’étais dans la rue en 2006, 2009 et 2012. On gagne du terrain à chaque fois mais on est confronté à des gens bornés par une idéologie islamiste ». Étudiant à Rennes un autre témoigne après avoir quitté l’Iran où il venait de passer la fin d’année sur place avec sa famille : « Au début il y a eu beaucoup d’espoir. Les gens s’informaient avec la télévision par satellite où ils ont pu entendre les messages de Reza Pahlavi. Les policiers sont intervenus dans les rues pour enlever les paraboles. Mon oncle qui était à Téhéran m’a expliqué que des soldats en civil se mêlaient aux manifestants dans les rues. Ils les tuaient quand ils repartaient et rentraient chez eux ».

Difficile de dire aujourd’hui combien de personnes ont trouvé la mort dans la répression des manifestations près de 3 500 morts selon l’ONG Iran Human Rights (IHR), jusqu’à 12 000 voire plus pour d’autres sources.