« C’est quotidien, quand je sors dans la rue ce sont des réflexions verbales et des regards sur mon corps et mon physique, c’est très sale, très sexualisé », confie Lison, 22 ans, l’air écœuré. Et ce n’est qu’un exemple de ce que de nombreuses femmes subissent presque quotidiennement dans l’espace public.

Du regard insistant à l’injure en passant par l’intimidation ou le fait de suivre une femme, le harcèlement de rue – ou délit d’outrage sexiste selon la loi de 2018 – est pourtant monnaie courante.

Une adaptation constante pour se « protéger »

Tout a commencé au lycée. En marchant, Mathilde* remarque des hommes se masturbant devant elle. À 31 ans, son souvenir lui est intact, son dégoût aussi. « Le harcèlement de rue, ça nous arrive à des âges jeunes », déplore-t-elle. Cette Avignonnaise adopte donc des stratégies dans son quotidien, notamment lorsqu’elle passe devant des groupes d’hommes : « J’ai un casque et à certains moments je coupe la musique pour entendre, en gardant le casque », explique-t-elle. Elle passe aussi par des rues éclairées, « surtout la nuit », précise-t-elle. Et elle est loin d’être la seule.

À Marseille, Lison rallonge de cinq à dix minutes son trajet habituel pour aller…