Depuis quelques jours, la douceur fait presque oublier l’hiver
aux habitants de Paris. On se surprend à croire que la saison
froide est terminée et que le printemps arrive. Pourtant, en
coulisse, les météorologues qui ont déjà annoncé l’arrivée de la
tempête Harry, surtout dans le
Sud de la France, scrutent d’autres signaux hivernaux bien
moins tranquilles pour la fin janvier 2026.
Au nord de l’Europe, un gigantesque réservoir d’air glacial
appelé « Paris Moscou » s’est formé entre la
Scandinavie et la Sibérie, avec des températures tombées jusqu’à
-42,8°C en Finlande et près de -60°C à Yakoutsk. Si cette masse
d’air déferle vers l’ouest autour du 25-26 janvier, la question
revient aussitôt : Paris de nouveau sous les flocons ?
Un redoux trompeur avant un possible retour du froid en
Île-de-France
En Île-de-France, le début d’année est dominé par un flux
océanique de sud-sud-ouest qui fait remonter de l’air doux depuis
l’Atlantique. Les températures se situent largement au-dessus des
moyennes de saison, sans gelées ni risque de neige à court terme,
tandis qu’au Pays basque les maximales grimpent jusqu’à 20°C et
dépassent souvent 10°C sur une grande partie du pays.
Ce tableau contraste avec le froid extrême observé plus au nord.
En Laponie finlandaise, le mercure a chuté jusqu’à -42,8°C à
Savukoski-Tulppio, tandis qu’en Sibérie certaines zones ont
approché les -60°C et que Yakoutsk a dû composer plusieurs jours
avec des valeurs comprises entre -50°C et -56°C, au point de
perturber la vie quotidienne.
Le scénario Moscou-Paris : pourquoi la neige pourrait revenir
fin janvier 2026
Les modèles numériques envisagent pour la fin de troisième
semaine de janvier un changement de régime, avec l’installation
possible de hautes pressions entre Atlantique Nord et Scandinavie.
Ce blocage anticyclonique canaliserait un flux continental venu de
l’est, faisant glisser l’air sibérien vers la France : c’est le
scénario « Moscou-Paris », bien connu des passionnés
de météo.
Si cette configuration se met en place, les températures
pourraient passer sous les normales de saison sur Paris et
l’ensemble de l’Île-de-France, avec un déficit moyen proche de -1°C
entre le 26 janvier et le 1er février. Les gelées redeviendraient
fréquentes et le risque de neige à Paris fin janvier
2026 augmenterait, même si l’intensité reste très
incertaine.
Quels impacts pour les Franciliens et
comment se préparer
Un tel épisode de vague de froid pourrait
perturber fortement le quotidien. Les difficultés de circulation,
les retards ou suspensions de transports en commun et la hausse des
accidents domestiques liés au verglas font partie des scénarios
redoutés. Le réseau Vigicrues surveille aussi les cours d’eau, car
un redoux humide suivi d’un refroidissement brutal peut entraîner
crues puis gel localisé sur certains secteurs.
Les spécialistes rappellent que ce type de décrochage froid peut
être favorisé par un affaiblissement du vortex polaire, même en
plein réchauffement climatique où les vagues de
froid deviennent moins fréquentes mais parfois plus intenses. Pour
les habitants de Paris et de l’Île-de-France, l’enjeu est surtout
d’anticiper : vérifier le chauffage et les accès extérieurs,
limiter les déplacements en cas d’alerte neige-verglas, protéger
les personnes fragiles et suivre de près les bulletins de
Météo-France et de La Chaîne Météo.