Il était un outsider en 2020, mais le voici en position de force. Le maire socialiste de Montpellier, Michaël Delafosse, a sans surprise officialisé sa candidature ce samedi à un second mandat pour les municipales de mars prochain. Sorti vainqueur d’une quadrangulaire il y a six ans, l’élu l’a annoncé au journal Midi Libre et dans une lettre de deux pages adressée aux Montpelliérains.

« Montpellier a connu une phase de très grande transformation. Ce qui nous attend aujourd’hui, c’est une consolidation de la politique écologique et sociale », a-t-il confié à l’AFP ce professeur d’Histoire-Géographie de 48 ans, père de deux enfants.

Croissance démographique, transports gratuits…

« La situation politique est très différente de celle de 2020, avec une affirmation assez importante du maire sortant, qui à l’époque se présentait en challenger », analyse Emmanuel Négrier, directeur du Centre d’études politiques et sociales de l’Université de Montpellier. « Il y a eu une consolidation de la gouvernance Delafosse. Symétriquement, la droite est en relative perdition ». D’autre part, « la gauche « non-delafossienne » a aussi ses divisions, notamment chez les écologistes, dont Michaël Delafosse a repris une partie des politiques ».

Le sortant assure que ses principaux engagements de 2020 sont « devenus réalité » dans cette ville de plus de 300.000 habitants, en croissance démographique continue mais confrontée à un niveau de pauvreté élevé. Son fait d’armes le plus emblématique : l’instauration de la gratuité des transports en commun pour les 500.000 habitants de la Métropole, sur laquelle aucun de ses concurrents ne veut faire marche arrière, et la construction d’une cinquième ligne de tram, inaugurée en décembre. Militant socialiste depuis l’adolescence, Michaël Delafosse assume des prises de position sur la sécurité et la laïcité qui font parfois grincer les dents dans son camp.

La LFI Nathalie Oziol le qualifie de « macroniste local »

Comme en 2020, il trouvera sur son chemin le richissime homme d’affaires et patron du club de rugby local Mohed Altrad, arrivé troisième il y a six ans. « Cette ville a besoin qu’on la relève. Montpellier a besoin d’un bâtisseur », a lancé l’entrepreneur septuagénaire jeudi soir.

Pour sa nouvelle campagne, Delafosse pourra compter sur le soutien réitéré de forces de gauche (PCF, PRG…) et d’écologistes (exclus d’EELV), ainsi que sur l’ex-députée LFI Muriel Ressiguier. Mais il devra faire face à la candidature de la députée LFI Nathalie Oziol, qui projette une lumière nationale sur le scrutin en qualifiant le maire de « macroniste local ».

Le centre droit sera représenté par une notaire peu connue mais partie très tôt en campagne, Isabelle Perrein, tandis que pour le Rassemblement national, la députée européenne France Jamet, amie d’enfance de Marine Le Pen, a annoncé vendredi avoir été officiellement investie, après s’être déjà présentée en 2014.