Elu l’an dernier à la présidence de la CPME (Confédération des Petites et Moyennes Entreprises), Amir Reza Tofighi était à Maxéville (agglomération nancéienne) ce vendredi pour participer à un conseil d’administration extraordinaire de l’organisation patronale, numéro un en France en terme d’entreprises adhérentes (245.000 environ). Aux côtés de Stéphane Heit et Carole Christment , respectivement président régional et départemental de la CPME, le Francilien a fait le point alors que la France ne s’est toujours pas dotée d’un budget pour 2026…

Vous êtes venu présenter la feuille de route nationale. On imagine que celle-ci est impactée par la grande instabilité que connaît la France depuis près de deux ans…

« C’est plutôt la feuille de route politique qui est impactée. On a un débat public complètement sclérosé et surtout, on est ‘’focus’’ sur un sujet, le budget. Du coup, le pays est un peu à l’arrêt et c’est très grave car les autres pays européens et du monde avancent. Les Etats-Unis ont une politique économique très agressive, les Chinois sont toujours dans une logique de conquête économique et nous Européens, on est très naïfs. En France, on n’arrive pas à sortir du marasme (…). »

Un peu plus tôt dans la journée, vous évoquiez des craintes liées au budget. Après le discours du Premier ministre Sébastien Lecornu en fin après-midi, êtes vous rassuré ?

« On est déjà contents d’avoir été entendus sur l’allégement de charges (NDLR : l’Etat envisageait de raboter les allégements de charges pour les entreprises de 1,5 milliards d’euros). C’était une demande forte. Après, on va être vigilants pour que la promesse de la disparition de la CVAE (Cotisation sur la Valeur ajoutée des Entreprises) soit maintenue. Cela représente 1,2 milliards d’euros. »

A moins de deux mois des Municipales, quelles actions a prévues la CPME pour peser dans les débats ?

« On a lancé une plateforme publique pour recueillir les avis des entrepreneurs avec 2 500 contributions. D’ici la fin du mois, on va transformer cela en idées qu’on va pousser auprès de tous les maires. On est très actifs car le maire est un entrepreneur dont le rôle est de développer l’activité de sa ville, sa zone économique. Il a besoin d’entrepreneurs à ses côtés. On va demander à des candidats de signer une charte d’engagement et après, on suivra si les engagements sont respectés durant le mandat. On souhaite également avoir des chefs d’entreprises intégrés dans la gouvernance de la ville pour donner leur avis. Beaucoup de villes le font, mais d’autres ne le font pas. »

On entend parler ici et là d’un possible rapprochement entre la CPME et les CCI (Chambres de commerce et d’industrie), voire d’une fusion. Fantasme ou réalité ?

« Ce qui est sûr, c’est que si on demande à l’Etat de faire des efforts, il faut aussi qu’on soit capables d’être efficients dans la dépense publique. Les CCI et les CMA (Chambres des Métiers et de l’Artisanat) ont déjà une trajectoire de baisse de dotation inscrite depuis quelques années […] Pour les entrepreneurs, avoir deux maisons séparées, cela n’a pas forcément de sens. Maintenant, faut-il mutualiser mais garder quand même deux entités ou n’en avoir qu’une seule ? C’est un travail qui doit être mené avec les deux organisations pour trouver la bonne solution. Mais ce qui est sûr, c’est que ne rien faire ne serait pas la bonne solution ».