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Le calendrier du chantier de la ligne C du métro toulousain sera-t-il respecté ? Sur fond de campagne des municipales, certains avancent que sa livraison ne pourrait se faire qu’en 2030 ou 2031 contre 2028 initialement prévue. Tisséo reconnaît des problèmes techniques mais le retard serait encore rattrapable.

« Avec seulement 61 % du percement à ce jour, il faudra encore quatre à six ans de travaux pour terminer, soit une fin vers 2030-2031. Pour rappel, la date de mise en service fut promise pour 2024, puis 2025 puis 2028. » Ce commentaire posté sur le réseau social X par l’association 2pied 2roues en milieu de semaine a rapidement été commenté. En pleine campagne des municipales, l’énorme chantier de la ligne C est aussi sur le devant de la scène.

Un grief qui n’est pas une première et avait déjà été avancé en octobre. Un retard de calendrier repris par le député Insoumis, le candidat de la liste « Demain Toulouse », François Piquemal. « Je serai le maire qui va accueillir la troisième ligne de métro en 2030 ou en 2031 », a-t-il indiqué dans les colonnes de La Dépêche du Midi vendredi.

Pour le groupe d’opposition municipale AMC, il suffit de se référer aux kilomètres parcourus par les tunneliers pour se rendre compte que les échéances ne seront pas tenues. « Le 14 février 2025, Tisséo publiait un communiqué de presse qui saluait le début du percement du tunnel du métro entre la gare de Colomiers et la station suivante, appelée Fontaine Lumineuse, située à 1,5 km. Tisséo indiquait que cette future station serait atteinte « au printemps 2025″. Nous sommes en janvier 2026, le tunnelier n’a parcouru que 700 mètres sur les 1 500 mètres qui séparent la gare de Colomiers de cette future station Fontaine Lumineuse ».

Impossible selon le groupe politique de rattraper le retard et de parcourir les 800 mètres, ce qui nécessiterait une année, « et nécessairement quelques années supplémentaires avant la mise en service ».

« On ne peut pas considérer que l’avancement contrarié d’un équipement impacte automatiquement l’ensemble du projet. »

Tisséo ne nie pas des problèmes techniques. À ce jour, « plus de 10 kilomètres de tunnel ont été réalisés et un des tunneliers a déjà terminé sa course au puits Saint-Sauveur […] Au global, le taux de réalisation du génie civil des infrastructures linéaires – tunnels et viaducs – a dépassé les 50 % avec plus de 15 kilomètres de tunnels et viaducs réalisés sur les 27 kilomètres que totalise la ligne C », pose l’autorité organisatrice des transports en commun.

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Mais pour elle « on ne peut pas considérer que l’avancement contrarié d’un équipement impacte automatiquement l’ensemble du projet. […] Cela ne veut pas dire pour autant que tout se déroule selon l’enchaînement théorique idéal prévu initialement », reconnaît Tisséo. Avant d’ajouter : « les tunneliers du nord-ouest rencontrent effectivement un avancement perturbé par des aléas techniques. Les équipes s’adaptent à ces difficultés techniques, notamment sur un problème de fiabilité des pièces constituant les convoyeurs acheminant les déblais entre le tunnelier et l’emprise chantier d’où elles sont évacuées. Les entreprises sont pleinement mobilisées pour traiter les problèmes rencontrés avec pour objectif de fiabiliser ce maillon du dispositif et reprendre le creusement à un rythme optimal ».

Aujourd’hui, le tunnelier pointé par 2pied 2roues, celui de Colomiers, concerné par ce problème de convoyeur, est à l’arrêt pour maintenance et une alternative pour déblayer est à l’étude.

Pour que ce gros grain de sable ne vienne pas gripper toute la machine, « une équipe planification œuvre en permanence à la bonne coordination de l’ensemble des nombreuses opérations de travaux », insiste Tisséo. « Suite à l’incident de certains des convoyeurs de terre, un travail très poussé a été engagé afin de voir comment absorber les incidences sur l’avancement d’une partie du tracé nord-ouest de la ligne ». Les différents scénarios sont en cours pour revoir comment « revoir l’ordre de réalisation des différents travaux ».

En octobre dernier, Marc Péré et les Archipéliens avaient déjà attaqué Tisséo sur ce même en accusant Tisséo de cacher des retards.