La Russie revendique d’importantes avancées sur le front. Des analyses indépendantes dressent un tableau différent. Kiev espère recevoir un nouveau missile britannique.
17.01.2026, 18:4917.01.2026, 18:49
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Le porte-parole de Poutine, Dmitri Peskov, a récemment déclaré:
«La situation de l’Ukraine se détériore de jour en jour»
Il a ajouté que la «marge de décision» de l’Ukraine se réduisait «de plus en plus». Mais les instituts de recherche occidentaux et les services de renseignement ont un avis différent.
Le groupe de réflexion Institute for the Study of War (ISW) écrit dans une analyse de situation récente:
«Les gains territoriaux russes ont été marginaux et se sont limités à une progression très lente, car les forces russes ont dû recourir à des attaques d’infanterie coûteuses en vies humaines et n’ont pas été en mesure de rétablir la conduite mécanisée du combat sur le champ de bataille»
Les satelittes ne montrent qu’une progression limitée
Le général a affirmé que les forces russes avaient progressé autour des villes de Soumy et de Kharkiv. Des troupes russes seraient entrées dans les localités de Hrabovske, au sud-ouest de Soumy, et de Komorivka. L’Ukraine a toutefois déclaré que ses propres troupes avaient repoussé une attaque de grande envergure contre Kharkiv.
L’ISW conclut, sur la base de l’analyse des données satellitaires, que les déclarations de Guérassimov sont «absolument fausses». Selon ces données, les troupes russes n’auraient progressé depuis le début de l’année que sur une zone de 74 kilomètres carrés. Les attaques autour de Soumy serviraient avant tout à recueillir des informations.
Le ministère britannique de la Défense évalue, lui aussi, avec prudence la situation militaire de Poutine. Il indique dans un communiqué publié mi-janvier:
«Les pertes mensuelles de la Russie ont de nouveau augmenté en lien avec l’intensification des avancées le long de la ligne de front. Il est très probable que la Russie continue d’enregistrer des pertes élevées en janvier 2026, car les attaques d’infanterie débarquée se poursuivent sur plusieurs fronts»
Selon ce communiqué, 1130 soldats russes auraient été touchés chaque jour en décembre 2025, soit environ une centaine de plus que le mois précédent.
Londres annonce un nouveau missile
Le ministère britannique de la Défense va également venir renforcer le moral et les troupes de Kiev en livrant un nouveau missile à Kiev. Le «Nightfall» doit compléter les missiles américains ATACMS.

Un lanceur de missiles Himars: le système devrait pouvoir être équipé, en plus des ATACMS, du nouveau missile «Nightfall».Keystone
Le missile aurait été développé spécialement pour l’Ukraine, a annoncé le ministre britannique de la Défense, John Healey. Dans un communiqué, il précise:
«Les missiles Nightfall doivent pouvoir être lancés depuis une grande variété de véhicules, tirer plusieurs missiles en succession rapide et se replier en quelques minutes, ce qui permettra aux forces ukrainiennes de frapper des objectifs militaires importants avant que les forces russes ne puissent réagir»
Le nouveau missile disposerait d’une portée de 500 kilomètres. Il pourrait également être tiré depuis le système d’artillerie Himars utilisé par les forces ukrainiennes.
La situation géopolitique se tend
Selon Healey, le soutien britannique est une réaction directe à l’utilisation du nouveau missile russe Oreschnik dans l’ouest de l’Ukraine, près de Lviv, ainsi qu’aux attaques nocturnes incessantes contre des cibles civiles, notamment à Kiev. L’ISW a également observé une intensification des attaques russes par drones contre des objectifs militaires dans l’arrière-pays ukrainien.
La situation géopolitique générale se tend également pour la Russie. Les efforts de Donald Trump concernant le Groenland suscitent eux aussi des inquiétudes à Moscou.
«Toutes les tentatives visant à ignorer les intérêts de la Russie dans la région polaire, en particulier dans le domaine de la sécurité, ne resteront pas sans réponse et auront des conséquences très lourdes »
Le ministère russe des Affaires étrangères
Par ailleurs, les manifestations en Iran ébranlent un allié de longue date de Poutine. Une chute du régime des mollahs aurait d’énormes conséquences géostratégiques pour la Russie, mais aussi pour la Chine.
Traduis de l’allemand par Tim Boekholt
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