C’est un chiffre qui donne le tournis. En début de semaine, Alphabet touchait pour la première fois du doigt une valorisation de 4.000 milliards de dollars à Wall Street. Dans la foulée, le groupe dépassait Apple, devenant la deuxième entreprise la plus valorisée au monde. Seule Nvidia fait mieux, après avoir elle-même franchi ce seuil avant de grimper encore plus haut.

Gemini, le bon pari au bon moment

Pour Alphabet, ce passage de témoin n’a rien d’anecdotique. Il marque un changement d’ambiance chez les boursicoteurs, après plusieurs années durant lesquelles Google donnait parfois l’impression de courir derrière ses rivaux sur le terrain de l’intelligence artificielle.

Le déclic est venu d’Apple. Le constructeur a confirmé avoir choisi le modèle Gemini de Google pour propulser la refonte de l’assistant Siri. Les détails financiers de l’accord restent confidentiels, mais l’enjeu est colossal en termes de visibilité. « Après une évaluation approfondie, nous avons déterminé que la technologie de Google offrait la base la plus solide pour nos modèles de fondation », a indiqué Apple dans une déclaration officielle.

Difficile de rêver meilleure vitrine. Gemini, dont la dernière génération est globalement bien accueillie, s’offre ainsi une place centrale dans l’écosystème Apple. De quoi renforcer l’impression que Google a repris la main, alors qu’OpenAI a laissé une partie des utilisateurs sur leur faim avec GPT-5, moins marquant que prévu.

La Bourse ne s’y est pas trompé. Depuis le début de l’année dernière, l’action Alphabet a bondi d’environ 65 %, une performance supérieure à celle des autres poids lourds de la tech regroupés sous l’étiquette des « Magnificent Seven ». Gemini ne s’arrête d’ailleurs pas aux iPhone. Samsung prévoit de multiplier les appareils intégrant des fonctions d’IA basées sur Gemini, ce qui renforcera encore la diffusion du modèle.

Autre pièce maîtresse de ce retour en grâce : Google Cloud. Longtemps considéré comme le parent pauvre face à AWS et Azure, le service s’est imposé comme un moteur de croissance à part entière. Au troisième trimestre, son chiffre d’affaires a progressé de 34 %, avec un carnet de commandes atteignant 155 milliards de dollars. Alphabet a aussi trouvé un relais de croissance inattendu en louant à des clients externes ses propres puces d’IA, initialement développées pour un usage interne. Meta envisagerait de dépenser des milliards pour utiliser ces puces dans ses centres de données à partir de 2027.

Pendant ce temps, la machine publicitaire de Google — la recherche et YouTube en tête — continue de tourner sans trop de secousses, malgré les incertitudes économiques et une concurrence toujours plus agressive… notamment de la part des autres acteurs de l’IA.

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