Découvrez comment Sophie Taeuber-Arp a révolutionné l’abstraction géométrique avec ses courbes audacieuses, plongez dans les toiles de Sarah Grilo dignes d’un Tàpies, voyagez dans l’univers poétique des céramiques monumentales de Joel Gaitan à la galerie Lefebvre & Fils, ou bien laissez-vous porter par la tension créative de Franck Chalendard chez Ceysson & Bénétière.

Ces expositions, accessibles gratuitement dans les galeries du Marais, de Saint-Germain-des-Prés et du 8e arrondissement de la capitale, constituent l’agenda culturel indispensable pour tous les amateurs d’art en ce début d’année 2026. Certains accrochages sont encore là pour quelques semaines, ne tardez pas !

À lire aussi :
Nos galeries d’art contemporain préférées à visiter à Paris et en Île-de-France !

Les courbes de Sophie Taeuber-Arp chez Hauser & Wirth

Sophie Taeuber-Arp, Summer Lines [Lignes d’été]

Sophie Taeuber-Arp, Summer Lines [Lignes d’été], 1942

i

Huile sur carton • 45,9 × 38 cm • Courtesy Stiftung Arp e.V., Berlin-Rolandswerth et galerie Hauser & Wirth / © Stiftung Arp e.V., Berlin-Rolandswerth / Photo Alex Delfanne

Sophie Taeuber-Arp (1889–1943) était une pionnière sur toute la ligne… Cette première exposition personnelle à Paris de l’artiste suisse depuis la donation au MAM déploie 45 œuvres explorant son vocabulaire de la courbe. Pensé par l’historienne de l’art britannique Briony Fer, cet accrochage magistral révèle comment l’épouse de Jean Arp a tordu les codes de l’abstraction géométrique avec ses perroquets et pistolets de traçage. Des gouaches de 1918 aux « constructions géométriques » réalisées juste avant sa mort, on mesure l’audace d’une artiste qui a fusionné Dada et constructivisme, textile et peinture, sans jamais se laisser enfermer. La série des « Échelonnements » de 1934, avec leurs bords incurvés et leurs formes découpées en négatif, hypnotise. Un catalogue bilingue accompagne cette redécouverte essentielle.

Arrow

Sophie Taeuber-Arp — La règle des courbes

Du 17 janvier 2026 au 7 mars 2026

À lire aussi :
Sophie Taeuber-Arp en 2 minutes

Les céramiques voyageuses de Joel Gaitan à la galerie Lefebvre & Fils

Joel Gaitan, El Diablito Está Tocando (détail)

Joel Gaitan, El Diablito Está Tocando (détail), 2025

i

Grès émaillé, dorure • © Photo Anthony Girardi

« Raconter des histoires, c’est la poésie de la vie », affirme-t-il. Laissez-vous transporter, jusqu’à la fin janvier, par les récits transmis à travers les vases monumentaux en terre cuite de Joel Gaitan, lequel a pris ses quartiers chez Lefebvre & Fils, galerie de la rue du Bac. Cet artiste américano-nicaraguayen de 30 ans, fraîchement sorti d’une résidence à Versailles, réinvente ici les traditions céramiques d’Amérique centrale en y sculptant des visages, de Miami au Nicaragua, mêlant sa poésie personnelle à la mémoire collective. Élevé dans le pentecôtisme, Gaitan transpose l’esprit de cette foi tout en explorant identité, sexualité et lignée ancestrale. Ses pièces stratifiées, façonnées à la main selon des techniques séculaires, célèbrent une esthétique trop longtemps reléguée. Remarqué au MoMA PS1 de New York, l’artiste s’impose par une pratique à admirer sans plus tarder dans la capitale.

Arrow

Solo Quedan Los Recuerdos – Joel Gaitan

Du 11 décembre 2025 au 25 janvier 2026

lefebvreetfils.fr

À lire aussi :
Mandico, Johanna Mirabel, Myop, BD… 5 expos gratuites qui réchauffent le mois de janvier

Josef Albers et Léon Spilliaert en duo à la galerie David Zwirner

Josef Albers, Study for Homage to the Square: Spring Out [Étude pour Hommage au Carré : Éclosion]

Josef Albers, Study for Homage to the Square: Spring Out [Étude pour Hommage au Carré : Éclosion], 1962

i

Huile sur isorel (panneau de fibres) • 101,6 × 101,6 cm • Courtesy The Josef and Anni Albers Foundation et David Zwirner / © The Josef and Anni Albers Foundation / Artists Rights Society (ARS), New York

Un programme remarquable vous attend rue Vieille-du-Temple ! À partir du 15 janvier, au rez-de-chaussée de la galerie David Zwirner, Josef Albers (1888–1976) se montre par duos : même motif, variations chromatiques infinies dans « Homage to the Square » et la série « Variant/Adobe », cette dernière s’inspirant des doubles portes de l’architecture mexicaine. Organisée avec la fondation Albers, l’exposition suit la première donation massive au musée d’Art moderne de Paris. À l’étage, c’est Léon Spilliaert (1881–1946) qui déploie son mystère, entre autoportraits fantomatiques et atmosphères énigmatiques, entre symbolisme et expressionnisme. Le Belge d’Ostende, contemporain de James Ensor, a exposé dès 1904 à Paris aux côtés de Pablo Picasso. Après une rétrospective au musée d’Orsay en 2020–2021, ses œuvres sur papier révèlent une intensité psychologique saisissante.

Arrow

Josef Albers – Duets / Léon Spilliaert

Du 15 janvier 2026 au 21 mars 2026

www.davidzwirner.com

À lire aussi :
Les noires obsessions de Léon Spilliaert

Le souffle de Franck Chalendard chez Ceysson & Bénétière Paris

Vue de l’exposition « Franck Chalendard – Le vent souffle où il veut » à la galerie Ceysson & Bénétiere, Paris

Vue de l’exposition « Franck Chalendard – Le vent souffle où il veut » à la galerie Ceysson & Bénétiere, Paris, 2025

i

Hors du cadre, hors du tableau, hors du temps… Le peintre Franck Chalendard (né en 1966) élargit son champ et bouscule tout : dans une tension permanente entre construction et déconstruction, fond et forme, ce virtuose abstrait combine sculpture et peinture sans hiérarchie, couvre certaines toiles de surfaces repeintes tandis que d’autres exhibent leur support brut. Éric de Chassey, directeur de l’École nationale des beaux-arts et commissaire de l’exposition, décèle chez lui un « baroquisme exacerbé » où planches, morceaux de carton et tourbillons d’anneaux sculptés envahissent l’espace du spectateur. Ses grands tableaux intitulés Gargouilles disposent sur la surface du panneau des éléments peints et des parties sculpturales. Radical pur jus.

Arrow

Franck Chalendard – Le vent souffle où il veut

Du 4 décembre 2025 au 31 janvier 2026

À lire aussi :
Monet, Hilma af Klint, Martin Parr, Matisse… Les plus belles expos à voir en 2026

Incontournable Sarah Grilo à la galerie Lelong

Sarah Grilo, Dos días [Deux jours]

Sarah Grilo, Dos días [Deux jours], 1983

i

Huile sur toile • 150 × 150 cm • Courtesy Galerie Lelong / © The Estate of Sarah Grilo

Disparue en 2007, à 90 ans, l’Argentine Sarah Grilo bénéficie enfin de la reconnaissance qu’elle mérite : au MoMA comme au Metropolitan Museum de New York, ses toiles voisinent désormais avec les grands Antoni Tàpies et Mark Rothko. Profitez donc de l’accrochage exceptionnel de la galerie Lelong pour découvrir ce nom trop longtemps oublié ! L’exposition réunit des œuvres des années 1970–1980, période où l’artiste naviguait entre Paris et Madrid. Après un passage par l’abstraction géométrique, Grilo a développé à New York un langage vibrant fait d’enseignes clignotantes, de chiffres, de graffitis et de slogans publicitaires mêlés à des coulures. L’artiste aimait les permutations et fragmentations, inspirée par le principe mathématique « l’ordre des facteurs ne modifie pas le résultat » – d’où son tableau Desorden de los factores. Un avant-goût captivant, qui se double d’un catalogué édité pour l’occasion, avant une rétrospective à venir à la fondation Juan March de Palma de Majorque en 2026.

Arrow

Sarah Grilo – Paris ↔ Madrid

Du 15 janvier 2026 au 7 mars 2026

À lire aussi :
Ces artistes que vous allez adorer découvrir en 2026