La Vennbahn est un itinéraire vélo facile à suivre, mais pas si simple à expliquer. Ancienne ligne ferroviaire, devenue piste cyclable, elle traverse trois pays et crée au passage quelques situations frontalières assez originales. Sur 125 kilomètres, ce ruban roulant combine histoire, aménagement cyclable et voyage à vélo sans stress. Weelz! vous fait le topo.

À vélo sur la Vennbahn, cet itinéraire cyclable né d’un drôle de découpage européen
À vélo sur la Vennbahn, cet itinéraire cyclable né d’un drôle de découpage européen

Avant de parler vélo, un peu d’histoire… À l’origine, la Vennbahn n’a rien d’un projet cyclable. C’est une ligne de chemin de fer construite à la fin du XIXᵉ siècle pour relier la région d’Aix-la-Chapelle au nord du Luxembourg, en passant par les Hautes Fagnes et l’Eifel.

Un détail juridique devenu, un siècle plus tard, une curiosité cyclable

Une infrastructure pensée pour le fret et les trains à vapeur, qui va changer de statut après la Première Guerre mondiale. Car le traité de Versailles redistribue les cartes. Littéralement. L’emprise de la voie ferrée, ses gares et ses installations passent sous souveraineté belge, même lorsque la ligne traverse ou longe le territoire allemand.

Résultat : plusieurs enclaves et exclaves sont créées. On en compte six à l’origine, cinq subsistent encore aujourd’hui selon la manière de les recenser. Ce n’est pas la frontière qui suit la piste, c’est la piste qui est la frontière. Un détail juridique devenu, un siècle plus tard, une curiosité cyclable.

La Vennbahn, une véloroute de 125 km entre Aachen et Troisvierges

Les années 80 ont vu la fin de l’exploitation ferroviaire. Petit à petit les tronçons ont été rachetés pour devenir un projet tripartite européen entre la Belgique, l’Allemagne et le Luxembourg. Le projet Interreg d’une route cyclable transfrontalière nait dès les années 90.

Trois pays traversés

Aujourd’hui, l’itinéraire vélo de la Vennbahn relie Aix-la-Chapelle à Troisvierges sur environ 125 kilomètres. Trois pays traversés — Allemagne, Belgique, Luxembourg — sans jamais vraiment quitter la piste. Puisque c’est une ancienne voie ferrée, le profil est particulièrement doux : les pentes dépassent rarement 2 %.

On fait la course ?

Le tracé est majoritairement séparé du trafic motorisé. Le revêtement est roulant, souvent asphalté. VTC, gravel, vélo de voyage chargé ou remorque enfant (ou chien) : tout passe, tant qu’on ne cherche pas la performance. La Vennbahn se parcourt dans un sens comme dans l’autre, mais la recommandation est de la faire du nord au sud, en descendant doucement vers le Luxembourg.

Une reconversion ferroviaire bien exploitée

La fermeture progressive de la ligne ferroviaire a laissé place à un aménagement cyclable continu. Rails déposés, ballast nivelé, ouvrages d’art conservés : tunnels, ponts et anciennes gares jalonnent le parcours. La signalisation est claire et bien présente.

De très beaux ouvrages d'art parsèment l'itinéraire vélo de la VennbahnDe très beaux ouvrages d’art parsèment l’itinéraire vélo de la Vennbahn

« la Vennbahn est régulièrement citée comme exemple en matière de reconversion d’infrastructures ferroviaires »

D’ailleurs, la Vennbahn est régulièrement citée comme exemple en matière de reconversion d’infrastructures ferroviaires. Elle a notamment reçu un European Greenways Award en 2013, et sert encore aujourd’hui de référence dans de nombreux projets de voies vertes transfrontalières.

Six étapes, ou presque, selon votre tempo

L’itinéraire officiel découpe la Vennbahn en six étapes. Une base de lecture, pas obligatoire évidemment. On peut très bien condenser le parcours sur quatre jours, voire moins. 125 km, ça se fait bien en une journée, surtout sans dénivelé, mais vous passeriez trop vite sur ce morceau d’histoire ! D’ailleurs, au contraire, on vous conseille de l’étirer pour prendre le temps de sortir du ruban principal.



Parmi les villes et villages traversés ou facilement accessibles depuis la piste, on croise Monschau, carte postale allemande coincée dans une vallée, St. Vith, carrefour des Cantons de l’Est, ou encore Burg-Reuland, dominée par son château. Autant d’occasions de prendre son temps, poser le vélo et aller voir un peu plus loin.

À ce propos, des boucles et variantes existent tout au long du parcours, permettant de quitter ponctuellement la Vennbahn pour explorer l’Ardenne, l’Eifel ou les Hautes Fagnes, avant de revenir sur l’axe principal.

Pédaler sur une frontière sans la voir

La Vennbahn est accessible en train depuis ses deux extrémités, ce qui facilite les voyages en aller simple. À l’extrémité nord, Aix-la-Chapelle est un nœud ferroviaire majeur, bien desservi depuis l’Allemagne, la Belgique et les Pays-Bas. Au sud, Troisvierges dispose d’une gare située à quelques minutes de la piste, avec des liaisons régulières vers le Luxembourg et la Belgique.

La période idéale s’étend du printemps à l’automne, avec une préférence pour les intersaisons si l’on veut éviter l’affluence. Le GPS est utile (pour sauvegarder votre trace), mais la signalisation permet souvent de s’en passer.

Songez que, depuis cette ancienne voie ferrée, un siècle d’histoire vous contemple

Sur la Vennbahn, vous allez pédaler sur une frontière sans la voir : c’est sans doute ce qui distingue cet itinéraire vélo d’autres voies vertes européennes. À plusieurs reprises, vous roulez sur un territoire belge entouré de terres allemandes, sans panneau ni poste frontière, sans changement visible. Une anomalie héritée d’un traité vieux de plus d’un siècle.

Crédits photos : Dominik Ketz / Ostbelgien (Agence du Tourisme des Cantons de l’Est) – sauf mention contraire.

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