Un navire arraisonné avec 4,7 tonnes de cocaïne, l’arrestation de l’“Escobar grec” et de sept autres personnes : en quelques mois, plusieurs grosses affaires de trafic de drogue ont émergé en Grèce.
Pour le quotidien Ta Nea, elles “témoignent d’une situation qui s’enracine de plus en plus et qui représente un véritable casse-tête pour les autorités policières à travers le continent : les ports européens sont inondés de cocaïne, provenant principalement de pays d’Amérique latine”.
Selon les dernières données officielles, publiées en juin 2025 par l’Agence de l’Union européenne (UE) sur les drogues, 2023 a été une année record pour les saisies de cocaïne dans les pays de l’UE. Avec 419 tonnes de drogues saisies au cours de 95 000 opérations, ce record a été battu pour la septième année d’affilée.
Par voie maritime
La principale voie d’importation de la cocaïne en Europe est le transport maritime, par le biais de conteneurs arrivant dans les ports européens. L’Agence de l’Union européenne sur les drogues estime qu’environ 80 % de la cocaïne saisie dans le monde est acheminée par voie maritime.
Et tandis que certains des ports les plus importants du continent voient les quantités de drogues saisies diminuer, comme à Anvers ou à Rotterdam, d’autres subissent au contraire une augmentation des importations, comme le port du Pirée.
“Les autorités soulignent que notre pays est l’une des principales portes d’entrée de la cocaïne latino-américaine vers l’UE, destinée soit à un trafic en Europe, soit à la consommation intérieure”, note Ta Nea.
En 2024, 1,1 tonne de cocaïne était saisie en Grèce, pour une valeur commerciale estimée à 83,7 millions d’euros. Les dernières années à plus de 1 tonne de drogue saisie (record de 1,7 tonne en 2023) tranchent avec la période 2014-2018, durant laquelle moins de 200 kilos étaient saisis chaque année dans le pays.
“Un laboratoire particulièrement bien équipé”
Les méthodes d’importation sont semblables à celles observées dans les autres ports européens : la drogue est dissimulée dans des conteneurs transportant légalement des bananes, des crevettes ou des calamars à destination du Pirée et de Thessalonique.
“Cette tendance s’est poursuivie en 2025, et l’on note que, cette année-là, un laboratoire particulièrement équipé a également été découvert, où l’on extrayait de la cocaïne de peaux de bovins brutes imprégnées, qui avaient également été importées dans des conteneurs”, précise le quotidien grec.
“Ce qui est certain, c’est que même si notre pays possède l’un des cadres législatifs les plus stricts d’Europe en matière de trafic de drogue et qu’il est l’un des rares pays de l’UE à prévoir une peine de prison à perpétuité pour les affaires de drogue, les trafiquants ne semblent pas découragés”, regrette Ta Nea.