Ouvrir la cuisine sur le salon, refaire une salle de bains
fatiguée, changer ses fenêtres… Beaucoup de propriétaires lancent
une rénovation en pensant gérer « de petits
travaux » qui ne regardent que eux. Jusqu’au jour où la mairie
frappe à la porte, ou pire, un voisin excédé dépose une plainte
pour travaux illégaux.
Face à ce scénario très courant, l’architecte espagnol Diego
García, fort de vingt ans d’expérience en réformes, a lancé un
avertissement viral sur TikTok : « N »envisagez même pas de faire une
rénovation, aussi petite soit-elle, sans demander le permis
correspondant », explique Diego García, architecte, sur TikTok, cité
par Elmueble. Derrière cette phrase, une réalité bien plus dure que
ce que beaucoup imaginent.
Rénovation sans permis : pourquoi les “petits travaux” posent
de grands problèmes
Pour Diego García, le malentendu de départ est clair : « Beaucoup
de personnes croient à tort que, comme c’est quelque chose de
petit, ce n’est pas important. Mais la réalité est autre »,
prévient-il. Changer l’implantation d’une cuisine, refaire
entièrement une salle de bains, abattre une cloison ou remplacer
plusieurs fenêtres touchent à la structure ou aux réseaux, donc
entrent dans le champ du permis de travaux.
Seules des interventions vraiment cosmétiques échappent en
général à ces démarches, comme « peindre un mur ou remplacer un
carreau endommagé ». La frontière reste pourtant fine entre
rafraîchissement décoratif et modification structurelle. D’où le
conseil répété de l’architecte : en cas de doute, mieux vaut se
renseigner avant de casser le moindre carrelage.
Amendes, arrêt de chantier et plaintes des voisins : ce que
vous risquez vraiment
Le ton de Diego García est direct : « Ignorer la légalité peut
entraîner de graves problèmes », comme « des amendes, l’arrêt du
chantier, la démolition de ce qui a été réalisé et même des
plaintes de la part de voisins » affectés par les travaux. Dans
certaines villes, rappelle Maison et Travaux, un simple permis de
plomberie autour de 100 $ (environ 92 €) évite des pénalités
pouvant grimper à 1 000 $ par jour (près de 920 €) si l’on
intervient sans autorisation.
Les conflits ne viennent pas seulement de la mairie. Bruit,
poussière, benne à gravats mal placée, modification d’une façade ou
d’un balcon peuvent déclencher l’hostilité de la copropriété. Des
tribunaux ont déjà ordonné la démolition de fermetures de terrasse
réalisées sans accord ni permis, même quand d’autres voisins
avaient fait la même chose. Le risque de plainte des
voisins est donc loin d’être théorique.
Permis, budget et devis : le plan de
sécurité de Diego García
Pour rester serein, Diego García insiste aussi sur la question
du budget. Avoir « un petit coussin pour imprévus » est « très
recommandable » lors d’une rénovation, estime-t-il. Faute de marge,
« il se peut que vous deviez couper dans d’autres postes qui étaient
importants pour vous ». De nombreux professionnels conseillent
d’ailleurs un fonds de contingence de 10 à 20 % du budget
travaux pour absorber études techniques, mises aux normes
ou frais administratifs imprévus.
Dernier pilier de sa méthode : le devis. L’architecte recommande
de le lire en détail, car « Si vous voyez qu’il manque quelque
chose, ne supposez pas que c’est inclus », prévient-il, avant
d’ajouter : « mieux vaut le demander ». Il rappelle aussi que « Tout
ce qui n’est pas budgété sera un extra dans votre budget » et
conclut avec humour qu’il le répète « pour ne pas dire que je ne
vous l’avais pas dit ». Sans oublier un rappel simple mais clé :
« une rénovation a besoin du paiement des permis pour être légale »
et il faut « demander à la mairie, à votre architecte ou à votre
entreprise » pour savoir lesquels.