C’est sur la route de l’Alliance que près de 300 cyclistes se sont donnés rendez-vous pour le premier coup de pédale ce dimanche matin (18 janvier). Avant de se lancer, chacun doit s’équiper d’un bracelet jaune pour se distinguer des autres cyclistes. Ils répondent à l’appel de l’association « un cycliste, une vie » car ils veulent alerter sur les dangers de rouler à vélo en Guadeloupe.
Tous sont des passionnés de vélo comme Gilles Suares avec 10 tours de Guadeloupe à son actif. Alors les principaux panneaux signalétiques, il connaît. Mais il sait aussi que la vie des cyclistes est en danger sur les routes de Guadeloupe. À l’âge de 15 ans, il a été renversé par un camion d’où sa présence aujourd’hui.
« Je pense que c’est important de marquer le coup car c’est une action pour nous qui doit également être fait avec nous donc je trouve que ça a du sens de pouvoir partir faire une action et de montrer que l’on est sensibilisé. »
Gilles Suares, cycliste victime d’un accident de la route
Un cycliste, une vie avec des cyclistes mobilisés. Comme Joël, fauché en pleine action sur son vélo. Il garde encore quelques séquelles.
« J’ai subi une amputation et j’ai été pris en charge par le CHU. J’ai été alité pendant pratiquement 2 mois, j’ai fait six mois de rééducation pour retrouver une vie normale. »
Joël Coipel, cycliste victime d’un accident de la route
Mais le constat est là. Les vies fauchées des cyclistes au fil des années ne cessent d’augmenter. D’accident léger à accident mortel, la carte de la Guadeloupe est remplie de stigmates. De 2019 à novembre 2025, 23 cyclistes ont perdu la vie sur nos routes : 5 en agglomération et 18 hors agglomération.
« Il faut vraiment que l’on prenne conscience qu’il y a des choses à mettre en place pour éviter qu’il y ait autant d’accidents mortels et qu’il y ait beaucoup moins d’accidents voire pas d’accidents du tout. »
Marie-Laure Nocandy, passionnée de cyclisme
Alors l’Alliance est devenue une voie royale pour ces cyclistes. Elle leur permet de profiter d’un parcours de 12 kilomètres en toute sécurité. C’est le circuit fermé du dimanche.
« C’est pour ça qu’il faut sanctuariser ce dimanche matin et cette zone. Elle ne gêne personne ni l’aéroport et c’est une manière de partager la route. C’est particulièrement important. »
Teddy Bernadotte, passionné de cyclisme
Mais Gaël Laumuno ne souhaite plus compter les morts. L’organisateur de Run Caraïbes a encore sa calculette.
« Depuis l’an dernier, nous sommes dans une moyenne de 4 morts. Le chiffre 4 est très proche du chiffre 0 donc pour moi, on peut l’atteindre. C’est pour cela qu’avec mon association, Run Caraïbes, on s’est dit que l’on aime trop le cyclisme en Guadeloupe pour qu’il y ait des faits divers comme ça. »
Gaël Laumuno, organisateur et président de Run Caraïbes