Cyril Meunier est maire de Lattes depuis 2001. Avec les deux tiers de son équipe et une liste « Lattes Horizons 2032 », il est candidat à un cinquième mandat.
Vous êtes maire de Lattes depuis 2001, qu’est-ce qui vous pousse à vous représenter ?
Il y a plusieurs raisons mais principalement deux sujets pour lesquels le travail n’est pas fini. Nous avons développé à Lattes un pôle autonomie santé, depuis son ouverture 15 000 personnes ont déjà été accompagnées, c’est un des grands enjeux de demain, le vieillissement de la population et les handicaps qui en découlent. Ici dans notre pôle, les habitants de Lattes mais de toute la métropole, peuvent trouver des aides techniques et technologiques. Du point de vue du développement économique, c’est aussi une vraie filière, trois entreprises sont déjà installées, il reste de la place, c’est encore un domaine en friche mais ici, on est en pointe. Notre site est très accompagné par l’État car il est pilote.
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L’autre sujet on imagine que c’est l’urbanisme, qui vous vaut aussi pas mal de critiques…
C’est le projet Ode à la mer en effet, qu’on a lancé en 2006 ! J’avais dit à l’époque, cette restructuration prendra 45 ans, on est à 20 et encore aux balbutiements… La transformation des zones commerciales en zones mixtes, avec du commerce et de l’habitat, c’est un sujet pointu, complexe. En 2006, lors de l’élaboration du Scot, on avait acté de ne plus utiliser de terres agricoles et naturelles et que la seule voie vertueuse était de requalifier, de « ramener la ville sur le commerce » comme le disait Bernard Reichen, architecte urbaniste. Toutes ces zones commerciales, ces « boîtes à chaussures » plutôt moches disons-le, doivent être retravaillées, et nous devons négocier avec chacun des propriétaires… C’est long, mais il y a déjà la ligne 3 du tramway, et nous allons signer prochainement les permis des très beaux projets signés Fontès et Ricciotti. Nous devons densifier sur l’avenue de la mer. Dans les deux mandats qui ont précédé mon arrivée, 120 hectares de terres ont été consommés. En 20 ans, j’en ai consommé 12 ! En urbanisme, la polémique est facile. Mais je ne veux pas créer de cités. Nous avons, dans le PLUI, sacralisé les lotissements avec seulement du R + 1, vous n’imaginez pas la pression des promoteurs ! Mais j’y ai toujours résisté.
« Une ville humaine »
La commune est attractive ?
Oui et c’est bien, car alors que 60 classes ont fermé dans l’Hérault, nous en avons ouvert deux, mais les loyers ont atteint des prix déraisonnables. Et socialement, les gens souffrent. Il n’y a pas si longtemps, nous avions 250 demandes de logement social de Lattois habitant déjà la commune. Aujourd’hui c’est 570, avec de plus en plus de gens âgés ! Nos obligations seraient de construire 2 100 logements tous les six ans, on est plutôt autour de 800. Mon souhait est de construire une ville humaine qui puisse répondre aux attentes des différentes générations.
Votre équipe repart avec vous ?
Sur 35 personnes, nous aurons un tiers de nouveaux. Nous avons de très belles candidatures. Des gens déjà impliqués depuis deux ou trois ans, que nous avons intégrés à nos temps forts, à nos échanges. Ça fait plaisir. À 63 ans, je me suis bien sûr posé la question de repartir ou non. Mais je suis intimement persuadé que la continuité des services publics, la résilience dans la crise – et nous allons vers une crise sociale, c’est sûr –, ce sont les maires. Même si c’est parfois difficile, la confiance qui nous est donnée est une force.