En novembre 2025, la Food and Drug Administration (FDA) américaine a annoncé la suppression des avertissements dits « en boîte noire » figurant sur les traitements hormonaux de la ménopause. Ces mentions alertaient notamment sur un possible risque accru de démence chez les femmes traitées après la ménopause. Cette décision pose une question centrale : existait-il réellement un lien entre l’hormonothérapie de la ménopause et le risque de démence ? Une vaste étude internationale, publiée fin 2025, apporte aujourd’hui des éléments de réponse.

Traitement hormonal de la ménopause et démence : une méta-analyse de référence

Publiée dans The Lancet Healthy Longevity, cette nouvelle étude est la revue systématique et méta-analyse la plus complète réalisée à ce jour sur le lien entre hormonothérapie de la ménopause et déclin cognitif. Commandée par l’OMS, elle a été menée par une équipe internationale de chercheurs, coordonnée par l’University College London.

Les scientifiques ont analysé les données issues d’un essai contrôlé randomisé et de neuf grandes études observationnelles, représentant plus d’un million de femmes suivies sur plusieurs années. Leur objectif : déterminer si l’hormonothérapie de la ménopause, qu’elle repose sur des œstrogènes seuls ou combinés à un progestatif,  influence le risque de démence, y compris la maladie d’Alzheimer.

Les résultats sont clairs : aucune association significative n’a été mise en évidence entre le recours à une hormonothérapie de la ménopause et le risque de démence ou de troubles cognitifs légers.


Cette méta-analyse n’a mis en évidence aucun lien entre l’utilisation d’un traitement hormonal de la ménopause et le risque de démence chez les femmes ménopausées. © Anna Lurye, Adobe Stock

Mémoire, cognition et ménopause : des résultats rassurants, mais prudents

Les analyses complémentaires menées par les chercheurs n’ont pas non plus montré d’effet notable selon l’âge de début du traitement, sa durée, ni le type d’hormones utilisées. Même chez les femmes ayant connu une ménopause précoce, aucun signal clair ne suggère une modification du risque de démence liée au traitement hormonal.

« L’hormonothérapie de la ménopause est largement utilisée pour soulager les symptômes, mais son impact sur la mémoire et le risque de démence reste l’un des sujets les plus controversés en santé des femmes », rappelle Melissa Melville, première auteure de l’étude. Selon elle, les données disponibles jusqu’ici étaient trop contradictoires pour guider sereinement les décisions cliniques.

Les auteurs soulignent toutefois plusieurs limites, notamment le recours majoritaire à des études observationnelles, qui ne permettent pas d’établir un lien de causalité, ainsi que le manque de données chez certaines populations spécifiques.

Chaque année, 500 000 femmes entrent progressivement dans la ménopause, selon le ministère de la Santé. © Ryzhkov, Adobe Stock

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En conclusion, cette étude ne montre ni effet protecteur, ni effet délétère clair de l’hormonothérapie de la ménopause sur le risque de démence. Elle confirme que ce traitement ne doit pas être prescrit dans un objectif de prévention cognitive, mais pour soulager les symptômes de la ménopause, tels que les bouffées de chaleur ou les troubles du sommeil.

Son utilisation n’est toutefois pas anodine et doit rester individualisée, encadrée et régulièrement réévaluée, en tenant compte des bénéfices attendus et des effets indésirables potentiels. Les futures recommandations de l’OMS, attendues en 2026, devraient contribuer à clarifier durablement ce débat.