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Sur les réseaux sociaux, Leïla, créatrice de contenu toulousaine, séduit des milliers d’abonnés en partageant sa vie sans artifice. Cette ingénieure de profession prône une consommation raisonnée loin des standards habituels. Comment expliquer un tel succès pour la simplicité ?
« Une fille normale qui partage son quotidien » : voilà comment se présente Leïla sur les réseaux sociaux. Depuis un peu plus d’un an, elle publie tous les jours des vidéos pour ses près de 90 000 abonnés (Instagram et TikTok cumulés) sur ses comptes nommés « Simply Ley Life ». On la voit au réveil, se préparer avant d’aller au travail, faire le ménage, ranger son linge, sa cuisine, retaper un appartement… Le tout dans le calme, ou avec une musique douce. Un contenu à son image : simple et sans mise en scène superflue.

Leïla, 28 ans, est née à Carcassonne.
DDM – FREDERIC CHARMEUX
Née à Carcassonne, elle grandit en Haute-Savoie avant de revenir dans le Sud-Ouest. Elle fait ses études entre Toulouse et Tarbes, puis s’oriente vers l’ingénierie et la gestion de projet, et s’installe définitivement avec son conjoint dans la Ville rose. « J’y suis trop bien », sourit-elle.
Son aventure numérique commence il y a un peu plus d’un an, comme un « défi personnel ». Inspirée par des créatrices américaines prônant la « vraie vie » sans artifice, loin des standards irréalistes souvent véhiculés en ligne, elle se lance avec l’idée de montrer le quotidien tel qu’il est. « On peut aimer sa routine sans qu’elle soit parfaite, sans excès, faire des choses avec ce que l’on a », confie Leïla.
Tendance « underconsumption core »
Elle se donne six mois pour essayer et crée d’abord du contenu en anglais. Mais le succès arrive plus vite que prévu. « Le nombre de vues a rapidement explosé, et je recevais des messages de gens de partout dans le monde ! » s’étonne-t-elle encore. Pour se rapprocher davantage de sa communauté, elle bifurque vers sa langue natale. Aujourd’hui, elle est suivie à 95 % par des femmes, majoritairement âgées de 25 à 35 ans. Ce qui les rassemble : le besoin de se reconnaître dans un quotidien crédible. « Voir du réaliste, ça plaît », explique-t-elle, dans un univers où beaucoup de contenus semblent déconnectés de l’existence de celles et ceux qui travaillent.
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Attentive aux enjeux éthiques, Leïla privilégie une consommation raisonnée en s’appuyant sur une tendance de plus en plus présente sur les réseaux sociaux : « underconsumption core ». Elle n’hésite alors pas à dévoiler le peu d’articles de beauté qu’elle utilise, ou la longévité de certains de ses appareils électriques. « Je trouve ça positif de prôner ça plutôt que de générer de la frustration chez les gens. Il faut dire que c’est ok de ne pas toujours s’acheter les objets dernier cri. »
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Elle sélectionne aussi ses partenariats avec soin, favorisant les produits locaux. Pas d’agence, peu de placements, et un contrôle assumé de son exposition. Pour l’heure, elle n’envisage « pas du tout » cette deuxième activité comme « un vrai métier ». « Financièrement, je ne pourrais pas en vivre, indique-t-elle. Et j’aime ma vie actuelle, aller au bureau. » Engagée dans la rénovation d’un appartement, elle continue de partager, toujours avec retenue.