Par

Glenn Gillet

Publié le

19 janv. 2026 à 6h28

Des piqûres en série dans le train de nuit. Plusieurs voyageurs de la ligne Paris-Briançon font état auprès d’actu Paris de leurs très mauvaises expériences lors de trajets effectués au cours des derniers mois. À la suite de voyages nocturnes entre la capitale et les Hautes-Alpes, leur corps s’est retrouvé couvert de petits boutons rouges caractéristiques et ils ont été pris d’importantes démangeaisons. Pour eux, pas de doute, il s’agit de l’œuvre de punaises de lit. La SNCF se veut rassurante mais du côté des usagers (plus de 150 000 par an), la grogne monte.

Dizaine de boutons, démangeaisons pendant plusieurs jours…

Floriane, 40 ans, habite dans la capitale. Le Paris-Briançon, elle le prend environ tous les deux mois pour aller rendre visite à des membres de sa famille. Mais après avoir dormi dans le train de nuit début août et fin décembre 2025, elle a fini l’épiderme serti de piqûres. La première fois, « je ne m’en suis pas rendue compte tout de suite, mais lorsque je me suis déshabillée, j’ai remarqué que j’avais une dizaine de boutons sur les bras, les pieds, le dos et les jambes », raconte-t-elle, et à chaque fois, « ça a gratté pendant une semaine, j’ai fait une grosse réaction ».

Pour être sûr que les petites bêtes ne s’invitent pas chez elle, Floriane a appliqué un protocole très strict : passage scrupuleux de l’aspirateur et vêtements placés trois jours au congélateur ou lavés à 60 degrés (elle a d’ailleurs dû en jeter certains qui n’ont pas supporté le lavage à haute température). Elle a même dépensé 300 euros de sa poche pour qu’un expert vienne inspecter son logement, qui a finalement été certifié sans punaises.

Elle a voulu alerter la SNCF sur la présence des nuisibles dans sa voiture tout en demandant une compensation financière ou au moins « un geste commercial ». « C’était déjà compliqué de les joindre, mais après on m’a dit ‘on vous recontacte’ et personne ne m’a jamais recontacté ».

Des signalements très compliqués

Elle a fini par réussir à joindre les services compétents, qui lui ont d’abord expliqué qu’ils ne prendraient pas en compte son message si elle n’avait pas de photos, avant de changer d’exigence et de demander une « preuve médicale ». On lui a expliqué qu’il serait compliqué de traiter ce cas sans en avoir parlé au chef de bord : « On ne le voit pas forcément et de toute façon les boutons ne commencent à se voir que quelques heures après en général ».

Sylvan rapporte des faits similaires : ce Briançonnais qui travaille comme product designer doit venir une fois par mois à Paris pour le travail et prend le train de nuit depuis environ deux ans. Mais au cours des 18 derniers mois, il a été piqué à raison d’une fois tous les quatre trajets. Il a lui aussi fait « des grosses réactions » à ces piqûres qui, par leur alignement, sont la marque des punaises de lit. « Ça démange beaucoup pendant trois ou quatre jours et ça devient très compliqué de travailler », partage-t-il, expliquant qu’il a lui aussi eu la chance de ne pas en ramener à la maison jusqu’ici.

Au-delà de leurs déboires physiques, les deux usagers exigent de la SNCF qu’elle mette en place une procédure numérique simple pour qu’ils puissent réaliser des signalements de punaises de lit lorsqu’ils y sont confrontés. « Aujourd’hui, on te renvoie d’un numéro à l’autre, d’une adresse mail à l’autre », regrette Sylvan, qui souhaite aussi que l’entreprise ferroviaire communique lorsqu’elle réalise des opérations de traitement de ses voitures-lits.

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La SNCF « prend ce sujet très au sérieux »

Car la SNCF affirme réaliser régulièrement des opérations de prévention, si nécessaire, de destruction des punaises dans ses trains. Des inspections canines ont par ailleurs lieu « plusieurs fois par an », selon un communiqué transmis à l’association Trains de nuit Briançon-Paris, qui a récemment lancé un appel à témoins auprès des usagers de la ligne pour recueillir des preuves de présence des insectes nuisibles. Plusieurs personnes ont déjà partagé leurs mésaventures.

« Notre objectif principal est de faciliter le signalement pour les voyageurs touchés par ce problème et de voir comment il serait possible d’améliorer la prévention », explique l’association à actu Paris.

Contactée, la SNCF Voyageurs explique qu’elle « prend ce sujet très au sérieux et met en œuvre un protocole robuste et efficace à chaque signalement. Les cas confirmés sont depuis toujours rarissimes et il n’y a aucun signe d’une recrudescence récente de punaises de lit dans les trains. C’est donc un sujet de vigilance mais pas un sujet d’inquiétude ».

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