L’ancien directeur du Magasin-CNAC sonne la charge contre la politique culturelle municipale : Grenoble est un « champ de ruines » – DR
Le diagnostic est sévère : Grenoble, autrefois cité dynamique sur la scène culturelle, se retrouve aujourd’hui « en champ de ruines ».
Ces mots d’Yves Aupetitallot, l’ex-directeur du Magasin-CNAC, résonnent comme un cri d’alarme à l’heure où la ville, victime d’une gestion contestée, peine à faire entendre sa voix culturelle.
Yves Aupetitallot n’a pas quitté le Magasin-CNAC de son propre chef. Son licenciement en 2015, jugé illégal après une longue lutte judiciaire, a révélé un harcèlement moral enduré pendant des années. « La pression était permanente », confie-t-il à Place Gre’net.
Depuis son départ, l’institution est frappée de licenciements en série, marquant une ambiance de travail qualifiée de « terrifiante » par certains anciens employés.
Une amplification des tensions
Dès l’arrivée de la municipalité écologiste, ce climat de tension s’est intensifié, selon Yves Aupetitallot. Il accuse les Verts/LFI d’avoir pris le contrôle de la gouvernance du Magasin, exacerbant les fractures internes.
Cette problématique dépasse largement le cadre du Magasin, aujourd’hui dirigé par Céline Kopp. « Quand je consulte la presse locale pour parler de Grenoble, c’est rarement au sujet de la culture », déplore Yves Aupetitallot.
Selon l’ancien directeur, « sur le site du Magasin, l’historique des expositions est difficile à trouver », une métaphore inquiétante du désir de faire table rase des héritages antérieurs pour mieux imposer une nouvelle orthodoxie.
Face à cette situation, Yves Aupetitallot appelle à une union des forces politiques pour mettre fin à la gestion actuelle : « Si cela continue, Grenoble sera un village ».