« Je révise actuellement tout mon portefeuille d’actions ; c’est un véritable virage à 180° ! », concède un trader interrogé par La Tribune qui a entamé sa journée, après les annonces tonitruantes de Donald Trump ce week-end. Dimanche, le président américain a menacé huit pays européens, dont la France et l’Allemagne, d’imposer 10 % de droits de douane supplémentaires dès le 1er février, puis 25 % à partir de juin. Ces mesures porteraient à 40 % le taux des surtaxes douanières sur les produits français exportés aux États-Unis.
Cette annonce choc a plombé les cours de la Bourse de Paris, en particulier les valeurs du luxe. Vers 11 h 30 ce lundi, LVMH perdait 3,89 %, tandis qu’Hermès chutait de 3,15 % et Kering de 2,7 %. « La reprise du luxe risque d’être compromise », s’inquiète Émeric Blond, gérant actions chez Tailor Asset Management.
Le relais de croissance chinois se fait attendre
Et pour cause : « ces derniers trimestres, la croissance du secteur a été portée par les États-Unis », rappelle le gérant. Ces quatre dernières années, les clients américains, qui génèrent un tiers des revenus du luxe, ont augmenté leur consommation de 5 à 15 % par trimestre.
Jusqu’ici, le retour de la consommation chinoise — pays qui représente aussi un tiers des revenus des marques — se fait attendre. L’annonce, dans la nuit, d’une croissance à 5 % en 2025 n’a pas rassuré. « Il n’y a pas de consommation intérieure en Chine, car les salaires n’augmentent pas », note Alexandre Baradez, analyste marchés chez le courtier IG France. Désormais, le dernier moteur de croissance du luxe menace de caler.