Youngtimer, taxi increvable ou sportive
mythique, la Peugeot 405 revient en force sur le marché de
l’occasion en 2026. Moteurs, phases, budgets : voici les clés pour
bien choisir.

Entre l’image de familiale increvable de papa, les souvenirs de
Peugeot 405 de taxi qui n’en finissent plus de
compter les kilomètres, et le mythe de la 405
Mi16, il y a de quoi hésiter. Surtout quand on
sait que plus de 5 115 000 exemplaires ont été
produits, avec une avalanche de moteurs, de finitions et même
quelques séries spéciales bien tentantes.

Ajoutez à cela deux générations bien distinctes (avant et après
1992), des berlines, des breaks, des essences, des diesels, des
versions 4×4 et même une radicale T16, et le choix
peut vite tourner au casse-tête. Sauf qu’en regardant de près les
mécaniques, la finition et les cotes actuelles, certaines 405
sortent clairement du lot… et d’autres sont à réserver aux
bricoleurs patients.

Comprendre les versions de Peugeot 405 avant de choisir

Lancée à l’été 1987, la Peugeot 405 reprend les
codes stylistiques de la 205 : calandre à trois barrettes, bandeau
arrière façon « râpe », le tout posé sur une ligne signée Paul Bracq.
Sous le capot, elle reçoit d’emblée les modernes blocs XU en
essence comme en diesel, seul l’entrée de gamme 1.4 GL faisant
appel au petit moteur TU. Très vite, la gamme s’élargit : 1.6, 1.9
carburateur ou injection, puis la sportive Mi16 de
160 ch dès 1987.

En 1992, la 405 est profondément restylée. À l’extérieur, la
fameuse « râpe » disparait au profit d’une malle lisse avec seuil de
chargement plus bas. À l’intérieur, la planche de bord et les
garnitures de portes sont entièrement revues, alors que la finition
des premières années avait été jugée bâclée, avec plastiques bas de
gamme et bruits parasites. C’est aussi le moment où l’injection se
généralise sur l’essence, avec de nouveaux blocs 1.4 de 75 ch, 1.6
de 89 ch, 1.8 de 103 ch et 2.0 de 123 ou 155 ch.

Moteurs et fiabilité : quelles versions de 405 viser (ou
éviter) ?

Côté essence, la palette est large. Le 1.4 TU de 65, puis 70 et
75 ch permet de faire baisser le budget carburant, mais il reste
assez juste pour une familiale. Au-dessus, le 1.6 XU de 92 ch et
surtout le 1.9 XU de 110 ch (carburateur) offrent déjà un bon
compromis. Avec l’injection, le 1.9 grimpe à 125 ch sur les GRi,
Si, SRi et STi, tandis que la Mi16 affiche 160 ch
grâce à sa culasse 16 soupapes. Après le restylage, la sportive
passe à 2.0 et 155 puis 150 ch, et la très rare 405
T16
reçoit un 2.0 turbo de 200 ch, 220 ch avec overboost
et transmission intégrale.

Globalement, tous ces moteurs se montrent fiables aujourd’hui,
avec un vrai bémol sur les versions 4×4 x4, dont la transmission
(palier de l’arbre central) est connue pour sa fragilité. Sur les
blocs XU essence, il faut surveiller les joints de queue de
soupapes, modifiés une première fois à l’été 1988 puis quatre ans
plus tard, qui provoquent une fumée bleue à la décélération
lorsqu’ils sont fatigués. Sur le 1.9 injection, quelques à-coups et
un fonctionnement erratique peuvent trahir un calculateur sensible
à l’humidité. En diesel, les XUD 1.9 atmosphérique de 71 ch et 1.8
puis 1.9 Turbo diesel de 90 et 92 ch ont bâti la réputation
d’endurance de la 405, mais le circuit de refroidissement des
modèles non restylés est à surveiller de près : suintements de
pompe à eau et radiateur colmaté peuvent vite coûter cher.

Quelle Peugeot 405 choisir selon  votre budget ?

Sur le marché de l’occasion, l’écart est énorme entre les 405 à plus de 400 000 km
vendues à moins de 1 000 € et les T16 quasiment neuves qui
dépassent les 28 000 €. Auto Plus Classiques donne une grille
claire : une 1.4, 1.6, 1.8 ou diesel simple démarre vers 800 € à
restaurer, 1 500 € à réviser, 2 500 € prête à rouler. Les 1.9 et
2.0 essence se situent plutôt à 1 200, 2 200 et 3 500 €, une
Mi16 entre 2 000 et 9 000 € selon l’état, et une
T16 autour de 28 000 € en très bel état.

Le meilleur compromis entre agrément de conduite et prix d’achat
est clairement à chercher du côté des 405 à moteur 1.9
essence
, hors Mi16. Les GRi et Si peuvent paraître un peu
maigres en équipement, mais les SRi offrent un bon niveau de
dotation et Auto Plus Classiques signale qu’on trouve de belles SRi
autour de 3 000 €. Pour ceux qui enchaînent les kilomètres, une 405
Turbo diesel, berline ou break, reste un excellent
choix tant la mécanique se montre endurante, à condition que le
refroidissement ait été entretenu correctement.

Le modèle à viser selon votre usage

  • Petit budget et usage quotidien calme : une 1.6 ou 1.9
    carburateur (GL, GR, SR) ou un diesel atmosphérique conviendront,
    avec des tarifs qui restent sous les 2 500 € pour une auto
    roulante.
  • Plaisir de conduite à prix raisonnable : privilégiez une SRi
    1.9 injection de 125 ch, voire une 2.0 injection après 1992, plus
    sobre et mieux finie, autour de 3 500 € pour un bel
    exemplaire.
  • Gros rouleurs : une 1.9 Turbo diesel de 92 ch, berline ou
    break, est idéale pour avaler des kilomètres, les bonnes autos se
    situant entre 1 800 et 3 000 €.
  • Confort et équipement : les STi, STD puis séries Sillage, Style
    ou Signature ajoutent direction assistée, verrouillage centralisé,
    vitres électriques, voire cuir, sièges électriques chauffants et
    climatisation sur les plus hautes finitions.
  • Collection et sport : les Mi16 et surtout les
    rares Mi16 x4, les séries Le Mans et la T16
    s’adressent aux passionnés prêts à assumer un budget plus
    costaud.

Ce que vous devez aussi surveiller

Avant de signer, un coup d’œil attentif à la carrosserie
s’impose : fond de coffre, passages de roue et supports de
pare-chocs sont les zones où la rouille se manifeste le plus
souvent. Il faut aussi traquer les infiltrations d’eau en bas de
pare-brise et autour des feux arrière, signes de joints fatigués,
et vérifier l’état de la peinture, les teintes vives ayant un
vernis qui a tendance à sauter avec le temps. Dans l’habitacle, les
plastiques des premiers millésimes deviennent cassants, les tissus
se décolorent et se détendent, le ciel de toit s’affaisse souvent
et les bruits parasites sont fréquents sur les phases 1, même si la
situation s’est améliorée à partir de 1990 puis avec le restylage
de 1992.

Côté trains roulants, un carrossage très négatif des roues
arrière
ou du jeu perceptible doit alerter : les roulements du
train arrière sont en fin de vie et leur remplacement n’est pas
toujours simple. Sur une 405 x4, toute vibration ou bruit suspect
de transmission mérite une enquête approfondie. Sur un diesel non
restylé, la moindre trace de surchauffe passée, de pompe à eau
humide ou de radiateur colmaté doit faire réfléchir. En gardant ces
points en tête et en ciblant les bonnes motorisations, une
Peugeot 405 bien choisie sur
le marché de l »occasion
peut encore offrir beaucoup de
kilomètres de plaisir… sans faire exploser le budget.