Pour lutter contre l’habitat indigne, quatre copropriétés très dégradées de Marseille vont faire l’objet d’une rénovation d’ampleur, portée par l’État et les collectivités.

Estimée à 600 millions d’euros, la rénovation complète de quatre copropriétés marseillaises très dégradées va être engagée, a annoncé vendredi 16 janvier le ministre de la Ville et du Logement, donnant corps à une promesse formulée en 2023 par le chef de l’État, dans le cadre du plan « Marseille en grand ».

« Le niveau de dégradation de ces copropriétés nécessite une action des services publics » et « l’État veut mettre les moyens et aller le plus vite possible », a déclaré Vincent Jeanbrun lors d’une visite sur le site de la Maurelette, une copropriété de 2 500 habitants située dans les quartiers Nord de Marseille (15ème arrondissement).

Le ministre est venu sur les bords de la Méditerranée annoncer aux habitants de quatre copropriétés privées, La Maurelette, Les Rosiers, Consolat et le Mail, que ces ensembles allaient bénéficier d’une Opération de requalification des copropriétés dégradées d’intérêt national (Orcod-IN). Ce mécanisme offre aux pouvoirs publics des outils élargis pour procéder à des expropriations ou des rachats facilités, engager des opérations de démolition ou de rénovation, financer les travaux dans les parties communes et renforcer la gestion des enjeux de sécurité.

Les habitants espèrent ces rénovations de longue date

 

Les opérations de requalification, qui ont reçu l’aval du Conseil d’État en décembre, devraient coûter autour de 600 millions d’euros, à la charge conjointe de l’État, de la métropole, de la Région et de la Ville.

À La Maurelette, sous arrêté de péril, le ministre a constaté des déchets dans les escaliers, des ascenseurs hors service et des tags liés au trafic de drogue.

« On va pouvoir, et de façon rapide, commencer la rénovation, commencer la sécurisation, commencer la réhabilitation et faire en sorte que le quotidien des gens soit transformé », a-t-il affirmé devant les journalistes présents.

Mais l’impatience des habitants est palpable. « Le ravalement des façades, on l’attendait en janvier, maintenant on nous dit avril », a déploré Aline Rey, 78 ans, auprès de l’AFP.

À Marseille, où la question de l’habitat indigne a été brutalement mise en lumière par l’effondrement de la rue d’Aubagne en 2018, qui avait fait huit morts, « 28 ensembles immobiliers regroupant près de 10 000 logements » font « l’objet d’une attention particulière de l’État, de la métropole et de la ville ».

 

Par Nils Buchsbaum (avec AFP)