L’ancienne présidente de l’Opep, la Nigériane Diezani Alison-Madueke, s’est présentée lundi devant un tribunal londonien, une semaine avant le début de son procès pour des faits de corruption remontant à ses années de ministre du Pétrole. Placée en liberté sous caution depuis son arrestation à Londres fin 2015, l’accusée de 65 ans a assisté le visage sérieux à cette étape préliminaire, consacrée à des détails techniques et à la sélection des jurés Elle est arrivée avec une canne et une attelle au poignet gauche.
Figure centrale du gouvernement nigérian entre 2010 et 2015, Diezani Alison-Madueke a aussi été la première femme à présider l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) durant un an. Selon l’agence britannique de lutte contre la criminalité (NCA), cette ex-ministre des Ressources pétrolières du Nigeria aurait pendant ses années au gouvernement «accepté des pots de vin (…) valant des millions de livres» de la part d’individus en lien avec des entreprises énergétiques.
De nombreux pots-de-vin
L’ancienne politicienne est accusée d’avoir bénéficié d’au moins 100.000 livres en argent liquide, mais aussi de voitures avec chauffeur, de vols sur des avions privés ou encore du paiement des frais de scolarité de son fils. Selon les chefs d’accusation, elle aurait aussi utilisé de multiples résidences à Londres, avec des travaux de rénovation, des employés de maison, des meubles et reçu des articles provenant d’achats dans des magasins haut-de-gamme comme Harrods ou Louis Vuitton.
L’ex-ministre a toujours nié avoir détourné des millions de dollars de juteux contrats pétroliers et des caisses de l’État lorsqu’elle était aux affaires. Son procès doit débuter lundi prochain et durer entre dix et douze semaines. Deux autres personnes sont poursuivies pour des délits financiers liés à cette affaire: Doye Agame, présent en ligne lundi et Olatimbo Bukola, également présente dans le box des accusés.