- Les gendarmes de l’Oise ont démantelé un réseau de voleurs de câbles de cuivre qui les a menés jusqu’à un château de la région, où ils ont aussi récupéré des voitures de luxe.
- Une équipe de TF1 s’est rendue sur place.
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Le 20H
Qui aurait pu l’imaginer ? Derrière les portes du château de l’Oise que montre le reportage du JT de TF1 ci-dessus vivait il y a peu un couple à la tête d’un important réseau criminel organisé. Les 200 âmes de ce village n’y ont vu que du feu, jusqu’à ce que les forces de l’ordre débarquent en juin dernier. « On n’aurait jamais soupçonné qu’il y avait ça à Gondreville. C’est très, très étonnant », réagissent des habitants dans le reportage du 20H de TF1 visible en tête de cet article.
Les deux châtelains étaient les dirigeants d’une société bien réelle, et légale, spécialisée dans la fibre. Ils travaillaient comme sous-traitants d’une grande entreprise de téléphonie, chargés de retirer les câbles en cuivre dont l’entreprise voulait se débarrasser pour qu’ils soient recyclés. Mais sur ordre des patrons, les employés détournaient illégalement en moyenne 30% de leur cargaison pour les revendre. L’avocat du gérant dément de son côté toute organisation criminelle. « Mon client reconnaît, assez vite d’ailleurs dans la procédure, cette évaporation de câbles, souligne maître Gil Madec. Mais encore une fois, je le dis, à la marge et dans des quantités et dans des considérations qui n’ont rien à voir avec ce que dit Orange ».
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Et pourtant, les gendarmes estiment le préjudice à 189 tonnes de câbles, soit une valeur de 900.000 euros. Somme qui pourrait expliquer le faste dans lequel les deux dirigeants vivaient : 4,5 millions d’euros ont été saisis en cash, immobilier, bijoux, mais pas seulement. « Voilà les saisies qu’on a pu réaliser. On a ici deux motos, après on a deux quads », et plusieurs voitures de luxe, montre face à notre caméra le major Max Gombert, de la cellule de lutte contre le travail illégal de la gendarmerie de l’Oise.
Mais les gendarmes ne sont pas au bout de leur surprise, car ce trafic de cuivre cache en plus un autre délit : sur les 49 employés de l’entreprise, 45 sont sans papier. « On découvre qu’en fait, même la partie légale est illégale, parce que les gens qui étaient employés dedans ne sont pas déclarés, reprend le major Max Gombert. Essentiellement des personnes d’origine d’Amérique du Sud ». 12 enquêteurs ont travaillé pendant huit mois pour enfin arrêter les deux dirigeants et leur comptable, tous les trois placés sous contrôle judiciaire dans l’attente de leur procès.
La rédaction de TF1info | Reportage Lise CLOIX, Frédéric MIGNARD, Michel IZARD
