Par

Edwin Bleunven

Publié le

19 janv. 2026 à 20h00

Une tasse de thé fumant et des aiguilles prises dans une layette blanche en cours de tricot. La table occupée par Béatrice au Brouhaha Café-Tricot est l’illustration parfaite de ce qu’offre le nouvel établissement installé depuis mi-décembre 2025 à Langoiran, en Gironde. Elle est placée au fond du local, tout juste rénovée. Le mur qu’elle devance est coupé en diagonale par deux couleurs flashy : de l’orange et du rouge. Autour d’elle, des pelotes de laines, des sachets de thés et des chaises de seconde main. Tout le mobilier a été chiné et remis en état par la gérante des lieux, Léa Matte. Le Brouhaha, c’est son idée.
Installée depuis quatre ans à Castres-Gironde, de l’autre côté de la Garonne, cette férue de laine et d’aiguilles a ouvert, le 9 décembre 2026, un lieu à son image : un café tricot. « J’ai d’abord pensé à ouvrir une mercerie. Mais juste tenir une boutique ça n’allait pas avec ce que je suis », introduit la commerçante.
Mais alors comment en arrive-t-elle à ouvrir un tel lieu à Langoiran ? La réponse se trouve dans plusieurs chapitres de sa vie.

Trois semaines de travaux ont permis à Léa Matte de transformer un ancien local de fleuriste à Langoiran (Gironde) en café-tricot : le Brouhaha.
Trois semaines de travaux ont permis à Léa Matte de transformer un ancien local de fleuriste à Langoiran (Gironde) en café-tricot : le Brouhaha. ©Edwin Bleunven / Le Républicain Sud-GirondeUne enfance en milieu rural

Tout d’abord, Léa Matte grandit en région parisienne, « côté campagne ». Un premier indicateur du projet Brouhaha.

Je voulais ouvrir un lieu dans un milieu rural. Un commerce de proximité. Pour dynamiser l’endroit où vivent les gens que j’aime.

Léa Matte

Mais cela n’explique pas pourquoi, elle a choisi une petite bourgade du Sud-Gironde. Pour cela, il faut d’abord chercher dans son arbre généalogique : « Toute ma famille maternelle habite dans le coin, donc j’ai passé des étés ici étant plus jeune. »

Voilà un nouvel indice, mais pas encore la résolution du mystère. Il faut encore dérouler la pelote et avancer un peu dans le temps.

Provenance de la laine, du thé et du café : un choix fort

La provenance des produits vendus au Brouhaha est « un choix non négociable » pour Léa matte. La gérante a choisi de proposer des thés faits à Landiras (Hyggë), des cafés torréfiés à Noaillan (Brûlerie des Graves), des jus de fruits de Saint-Loubès (Maison Meneau) et des laines de marque française. De plus, les pâtisseries proposées sont faîtes maison (Léa Matte a son CAP pâtisserie).

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Librairie et tricot : les deux racines de son projet

Libraire à Paris entre 2008 et 2012, Léa Matte forge alors deux piliers de son café-tricot. Oui, plus de 15 ans avant. À cette époque, elle souhaite ouvrir un café-librairie : « Je traînais ma sœur dans tous les lieux de ce style. » Voilà pour l’explication du lieu convivial, de rencontre et d’échange.

Mais c’est aussi une période lors de laquelle elle rencontre une amie qui va devenir « une copine de tricot ». Oui parce qu’avant d’être libraire, Léa a demandé à sa maman de lui montrer comment on tricote :

À 18 ans, j’ai fait un bonnet. Et puis pendant 3-4 ans, je faisais des écharpes. Parce que je ne savais faire que ça.

Léa Matte

Le Brouhaha café tricot à ouvert sur la place Aimé Gauzy, à Langoiran, en Gironde.
Le Brouhaha café tricot à ouvert sur la place Aimé-Gauzy, entre le Grand soir et la Garonne, à Langoiran, en Gironde. ©Edwin Bleunven / Le Républicain Sud-Gironde

Alors, avec sa nouvelle complice parisienne, elle se lance plus sérieusement dans le tricot. « On faisait les mêmes patrons, même à distance », se remémore-t-elle. Une partie de l’intrigue est levée.

Cependant, à ce moment du récit, Léa est toujours en région parisienne. Et pas derrière un comptoir garni de pâtisseries maison, à discuter tricot avec les clientes présentes dans son café.

Bientôt des ateliers au Brouhaha

Au Brouhaha, même si le nom inclut le mot tricot, Léa Matte tient à préciser que « venir profiter d’un café sans tricoter, ça marche aussi ici. » Néanmoins, elle voit un réel engouement pour le tricot : « Beaucoup de gens savent tricoter mais ne le font plus. Et ce lieu leur donne envie de reprendre. » Pour aider à la reprise ou à la découverte de l’activité, la commerçante et des partenaires vont organiser des ateliers tricot, mais aussi broderie, crochet et même peinture et fleuriste.

Une première reconversion qui l’amène en Sud-Gironde

Pour en arriver là, il a fallu une reconversion, un oncle électricien et un job de coordinatrice technique de chantier dans l’alarme et la vidéo surveillance. « Je suis venu me former en électricité chez mon oncle à Beautiran. » Ainsi, Léa s’installe à Bordeaux et travaille dans le grand Sud-Ouest.

Un premier rapprochement pour finalement atterrir à Castres-Gironde, il y a quatre ans. Le dénouement approche. Léa n’est plus très loin de la place Aimé-Gauzy (adresse du Brouhaha).

Au Brouhaha café tricot de Langoiran (Gironde), tous les meubles sont chinés et de seconde main.
Au Brouhaha café tricot de Langoiran (Gironde), tous les meubles sont chinés et de seconde main. ©Edwin Bleunven / Le Républicain Sud-GirondeLe rôle du Grand soir

Pour cela, entrent en jeu les amis : « Les gérants du Grand Soir sont des copains. Je venais ici pour le côté vivant et animé. »

Lors de l’ouverture du bar-restaurant voisin (le Grand Soir a ouvert en décembre 2024), elle propose aux gérants de faire des soirées tricot. Le concept rencontre alors son petit succès. « Au départ, on était huit. Maintenant, on est une vingtaine. Et je n’ai plus une, mais plein de copines tricot », se réjouit Léa. L’idée d’ouvrir un lieu vivant autour du tricot fait son chemin.

Par ailleurs, au Grand Soir, une nouvelle rencontre tisse une nouvelle maille. Marie, une fleuriste installée juste à côté, va lâcher son local. C’est l’occasion ou jamais, Léa Matte se lance. Le mystère Brouhaha café-tricot touche à sa fin. 

Et le résultat est réussi. Un lieu convivial, douillet et lumineux. Il a déjà convaincu Béatrice, cliente de Créon. Depuis qu’elle a découvert le lieu par hasard, mi-décembre, elle revient une fois par semaine : « Il devrait y avoir des lieux comme ça un peu partout. »

À Langoiran, le Brouhaha s’est fait une place.

Les horaires du Brouhaha : du mardi au vendredi de 8 h 30 à 12 h et de 14 h à 18 h. Le samedi de 9 h à 17 h en continu.

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