Dans la salle encore éclairée, les pubs s’enchaînent puis
arrivent les premières bandes-annonces. Musique
qui monte, punchlines, images chocs… Vous frissonnez déjà, parfois
plus que pendant le film qui suit. Vous sortez en vous disant que
le meilleur moment de la séance, c’était presque ces deux minutes
de promesse.

Sur YouTube ou TikTok, même scénario : vous revoyez le même
trailer cinq fois, alors que le long-métrage entier vous laisse
plutôt tiède. Ce décalage amuse, intrigue aussi. Des travaux en
psychologie montrent pourtant que les personnes qui préfèrent les
bandes-annonces au film partagent en général sept traits de
personnalité
bien précis. La curiosité commence ici.

Pourquoi le cerveau peut préférer la promesse au film

Les études sur la dopamine décrivent un
phénomène surprenant : le cerveau réagit très fort à l’anticipation
d’une récompense, parfois davantage qu’à la récompense elle-même.
Une bande-annonce, c’est exactement ça, un
concentré d’attente. Elle suggère des intrigues sans les résoudre,
expose des personnages sans tout dévoiler. Pour un profil très
sensible à cette montée d’excitation, le trailer donne déjà
l’essentiel du plaisir.

Autre ingrédient clé, le biais d’optimisme.
Notre esprit a tendance à combler les blancs avec le scénario le
plus flatteur possible. À partir de quelques plans, on imagine le
film parfait, profond, drôle, spectaculaire. Quand le récit réel
arrive avec ses contraintes de durée, de budget ou de rythme, il ne
peut plus rivaliser avec cette version idéale, écrite dans la tête
du spectateur.

Les 7 traits de personnalité typiques des fans de
bandes-annonces

Les psychologues décrivent d’abord une forte ouverture à
l’expérience
, l’un des grands traits du modèle des Big
Five : grande curiosité, goût des idées nouvelles, attrait pour les
univers imaginaires. Souvent s’ajoute une imagination très
puissante, proche de la personnalité “encline à l’imaginaire”
décrite en psychologie. Avec seulement quelques images, ces
personnes construisent déjà leur propre film mental, parfois bien
plus riche que ce qui sera projeté.

On retrouve aussi une vraie recherche de nouveauté et de rythme.
Les amateurs de trailers aiment les montages rapides, les
changements de décor, les genres qui s’enchaînent. Ils s’ennuient
vite quand une scène s’étire, regardent leur téléphone dès que
l’action retombe. Chez ceux qui cochent toutes les cases, on
observe donc sept tendances récurrentes : cerveau dopé à
l’anticipation, biais d’optimisme, grande ouverture, imagination
débordante, goût du nouveau, agitation quand le rythme baisse et
difficulté à savourer les temps morts.

Comment ces traits influencent votre
façon de voir un film

Rester plongé deux heures dans la même histoire demande un
engagement émotionnel long. Or, certains profils trouvent plus
confortable une émotion en éclairs, intense mais brève, comme celle
d’une bande-annonce. Ils adorent les pics,
beaucoup moins les transitions calmes où l’on installe les
personnages. Le résultat, c’est un léger sentiment de “trop peu”
une fois le film terminé, même s’il est objectivement réussi.

Beaucoup de ces spectateurs sont aussi davantage motivés par les
récompenses externes que par le plaisir intérieur de décoder un
récit lent. Ils réagissent à la musique qui explose, au montage
nerveux, aux punchlines, tous ces éléments poussés au maximum dans
les trailers. Rien de pathologique là-dedans, juste une manière
particulière d’aimer le cinéma. La connaître permet d’ajuster ses
attentes, de choisir des films au rythme adapté, et peut-être de
laisser, parfois, un peu plus de place à la surprise que la
bande-annonce n’a pas déjà vendu.