Le hasard. Un complet hasard a mis le volley sur la route de Tomasi Luaki. « J’ai commencé le volley dans ma ville de Fontenay-sous-Bois. J’avais 17 ans. J’étais en terminale. Je faisais juste ça pour m’amuser. Sans la moindre arrière-pensée. » Sauf que très vite, les gens au bord du terrain sont subjugués. « J’ai été repéré par l’entraîneur de Nogent-sur-Marne qui m’a envoyé faire des tests au CREPS de Chatenay-Malabry. » À partir de là, tout s’accélère. La vie de Tomasi bascule. « Ils ont vu que j’étais grand et athlétique. J’étais en forme quoi. Sans la moindre expérience, mais en forme. Ils m’ont donc proposé d’intégrer le Pôle espoirs à Montpellier. »

Un semi-pro chez les pros

Deux ans de découverte du volley de haut niveau à Montpellier. Avant de rejoindre le centre de formation de Tourcoing pour compléter ses bases. Tomasi Luaki a eu un apprentissage express. Mais payant. Cette saison, tandis qu’il entame sa dernière année de « formation » dans le Nord, l’équipe pro fait déjà appel à lui. « Disons que c’est dans la logique des choses. J’ai ma chance uniquement lorsque les deux titulaires du poste de central sont blessés ou malades. C’est arrivé assez souvent au début du championnat. Le côté positif, c’est que ça ne me met pas de pression supplémentaire. Je ne stresse pas de me retrouver sur le terrain. »

Durant les rencontres, la place du Wallisien demeure tout de même plutôt sur le banc. Avec les autres remplaçants. Un statut qui ne dérange pas Tomasi. « Tourcoing joue les premiers rôles en championnat. De mon côté, j’appartiens encore au centre de formation. Je ne suis encore que semi-pro. Pas question pour moi de dire que je mérite ma place ou que je suis meilleur que les titulaires. Je ne ressens aucune frustration d’être là où je suis. »

Gagner du temps de jeu

Avec un parcours atypique comme le sien, Tomasi Luaki peut souffrir d’un certain manque de vécu sportif. Le Wallisien est loin d’avoir appris à smasher avant même de savoir marcher. « Je suis dans le schéma classique d’un central qui commence très tard le volley. Heureusement ce poste ne nécessite pas d’être trop technique au début. J’ai pu compenser avec ma taille. Le travail en centre de formation m’a également permis de m’aguerrir. Mais je reconnais que le chemin est encore long. »

En fin de saison, Tomasi aura un choix à faire. Rester remplaçant à Tourcoing. Ou partir. « Je suis assez réaliste sur mon niveau. J’espère pouvoir évoluer dans un groupe pro, l’année prochaine. Mais j’ai encore un peu de retard technique sur les autres centraux de Ligue A. » La solution passerait-elle donc par un passage en division inférieure ? « La Ligue B serait sûrement l’idéal pour moi. Afin de gagner du temps de jeu et de continuer à apprendre. Quitte à remonter en Ligue A dans deux, trois ou quatre ans. »

Ne lâche pas tes études, mon fils !

Les exploits du fiston font la fierté de ses parents. Dès qu’ils le peuvent, Maman et Papa Luaki font le déplacement pour aller applaudir Tomasi. Tout en gardant les pieds sur terre. « Ils sont fiers de moi, c’est vrai mais ils ont toujours souhaité que je poursuive mes études en parallèle. » D’où cette troisième année d’école de gestion à l’université de Lille. Licence en vue en juin prochain. « Mes parents ont été clairs : si je réussis dans le volley, tant mieux. Mais hors de question d’arrêter les études pour ne faire que du sport. Il faut penser à l’avenir. »

Silenia, la mère, et Semi, le père, ont forcément transmis certaines valeurs du Pacifique à leur fils. Mais si Tomasi a pu souffrir d’un certain manque de vécu sportif. Il en est de même avec le vécu wallisien. « Je suis né ici, dans l’Hexagone. Alors que mes parents ont vu le jour là-bas, à Wallis et Futuna. J’ai visité un peu Wallis durant mes années collège et j’ai adoré. J’ai d’ailleurs toujours de la famille sur place. Mais par exemple, je ne comprends pas la langue. J’ai donc un peu de retard technique en volley et un déficit culturel avec Wallis. Ceci étant, les deux peuvent se combler. Il suffit de travailler ! »