l’essentiel
La truffe noire, symbole de patience et de passion, est au cœur de la Fête de la truffe de Lalbenque. Un parrainage honorifique pour Henri Leconte, célèbre tennisman « épicurien », qui voit un parallèle entre ce produit noble et le sport de haut niveau.
Pour cette édition 2026 de la Fête de la truffe, à Lalbenque, le parrain n’est autre que le célèbre tennisman français, qui a côtoyé les courts entre 1980 et 1996, Henri Leconte. Honoré de l’invitation, le tennisman voit dans le travail des trufficulteurs, celui qu’il a pu connaître en tant que sportif de haut niveau : déception, doute et victoire.

Henri Leconte est le parrain de l’édition 2026 de la Fête de la truffe.
Elodie Daguin – Photo autorisée pour la Dépêche du Midi
Comment est née votre rencontre avec la Fête de la truffe de Lalbenque ?
C’est par l’intermédiaire de Jean-Pierre Allot, l’écrivain, un ami de longue date de ma famille depuis quarante ans. Mon frère, qui allait souvent en vacances à Cahors et dans toute cette belle région, a rencontré Jean-Pierre. Et, de fil en aiguille, j’ai sorti mon livre intitulé « Balle neuve ». Nous nous sommes retrouvés lors d’un salon du livre. Je lui ai dit : « Tu sais, moi, j’adore la truffe, je suis épicurien. » Il m’a proposé de devenir le parrain. J’ai accepté avec honneur, car c’est une belle manifestation.
Quel lien avez-vous avec le département du Lot ?
C’est avant tout un lien familial, par mon frère. J’y suis passé un peu, mais je ne connais pas vraiment la région. Pour moi, c’est donc un moment spécial et fabuleux. Vous savez, la France est un pays extraordinaire, du nord au sud, de l’est à l’ouest. Je voyage beaucoup en voiture, et chaque fois qu’on s’arrête quelque part, on découvre des choses merveilleuses, que ce soit dans le monde culinaire ou le monde artistique. Le Lot fait partie de ces territoires authentiques où l’on ressent la force du terroir et la chaleur humaine.
Quel est votre rapport à la truffe noire, produit emblématique du Lot ?
La truffe noire, c’est un produit noble, incroyable, qui vient vraiment de la terre. C’est quelque chose de magique. Mais il y a des périodes où on en a, d’autres où on n’en a pas. Donc, il faut la cultiver, il faut la respecter, comprendre le terroir. C’est un produit qui symbolise la patience, la passion et le respect du temps. Quand on la goûte, on sent tout le travail et l’amour qu’il y a derrière.
La truffe est un produit souvent allié à la patience et au savoir-faire. Dans quelle mesure effectuez-vous un parallèle entre la truffe et le sport de haut niveau ?
C’est un produit qu’il faut respecter et qu’il faut cultiver. C’est comme un sportif de haut niveau, on a des années qui sont belles et d’autres un peu moins belles. Il faut avoir la passion, il faut la respecter, il faut la choyer, il faut la humer, il faut la comprendre. C’est aussi un moment de partage, avec la famille et les amis qui est unique. Les saisons sportives reviennent chaque année, mais ne sont jamais les mêmes. Il peut y avoir des saisons extraordinaires et d’autres un peu moins bonnes, il faut l’accepter et travailler avec.
C’est ce que vous racontez dans votre livre « Balle neuve » ?
Exactement. J’y parle de l’évolution d’un homme, de ma vie sportive et personnelle, des rencontres, des moments heureux et des périodes plus difficiles. Il faut tout accepter, comme les saisons, et savoir en tirer le meilleur. C’est un livre sincère, honnête où je raconte mes réussites, mes échecs, mes doutes. D’où le titre : « Balle neuve ».
Comme la truffe, une grande carrière ne se révèle pas du jour au lendemain. Comment regardez-vous aujourd’hui toutes ces années de travail, souvent invisibles mais essentielles à la réussite ?
La réussite, c’est le fruit du travail. On ne voit souvent que le côté positif, mais il y a eu des moments difficiles. Il faut les accepter et continuer à travailler. Je suis fier de mon parcours, de ce que je suis devenu, de l’expérience et de la combativité que j’ai acquises. Les moments difficiles nous font grandir. Si on s’apitoie sur son sort, on n’avance pas. C’est dans les moments difficiles qu’on apprend le plus.
Être parrain d’une manifestation comme celle-ci, c’est aussi transmettre. Quel rôle souhaitez-vous jouer auprès du public ?
Être moi-même : humain, heureux, animé par l’amour du partage et de la simplicité. Redonner au public ce qu’il m’a offert dans les moments extraordinaires. C’est un honneur et un moment de partage. Il ne faut pas oublier d’où on vient : on vient de la terre et la truffe vient de la terre. Donc voilà, on fait à peu près partie de la même famille. Plus ou moins. Donc ce moment-là, il ne faut pas l’oublier. Et puis, le perfectionner, l’améliorer et le partager.
Ces moments de proximité avec le public sont-ils différents de ceux vécus sur les courts ?
Aujourd’hui, c’est beaucoup plus simple et plus humain, même si les réseaux sociaux compliquent parfois les échanges. Il n’y a rien de plus beau que de partager ça de vive voix avec tout le monde. J’ai tout connu, mais ce que j’aime le plus, c’est le terroir, les gens vrais. On ne cache rien. Et ici, dans le Lot, je sens cette authenticité. Je pense qu’avec Jean-Pierre déjà, avec son accent et puis sa façon de parler du Lot en tant que maire d’une petite commune, il connaît bien tout ça. Et c’est ce qui me plaît.