Sans son cancer, la passion de Lydie Garrec pour la photographie n’aurait sans doute jamais vu le jour. C’est en tout cas la conviction de cette Bigoudène de 54 ans, « pur beurre salé ». Elle confie : « J’ai eu un cancer du poumon en 2023. J’ai été opérée. À la suite de cette intervention, il a fallu que je fasse ma rééducation, seule, sans professionnels de santé. Alors je me suis mise à marcher ». Ses pas l’ont naturellement menée vers la pointe de La Torche, distante de quelques kilomètres seulement de son domicile, situé dans le bourg de Plomeur.
La pointe de La Torche, source d’inspiration pour la photographe Lydie Garrec. (Photo Lydie Garrec)
En arpentant le littoral, entre la plage de Kermabec et Pors Carn, elle dégaine son smartphone pour capturer des paysages. Le résultat n’étant « pas si mal », elle sort du placard un ancien cadeau, « resté dans sa sacoche pendant des années et que je n’avais jamais utilisé par crainte de me rater » : un appareil photo. Lydie Garrec apprend à maîtriser l’outil et rejoint même pendant quelque temps un groupe de photographes amateurs. Mais la pratique en solitaire lui convient davantage.
« C’est là que je trouve mon bonheur »
La pointe de La Torche, elle la connaît presque par cœur. Pour autant, elle ne s’en lasse pas. « C’est là que je trouve mon bonheur. Pourquoi irais-je chercher ailleurs ? »
Elle a testé Lesconil, comme tant d’autres photographes attirés par la digue. « J’ai réussi à faire des clichés, mais ça n’a rien d’exceptionnel. Je ne trouvais pas ma place non plus : on était trop nombreux ». Pour Lydie Garrec, la photographie se vit seule. « Je ne peux pas photographier en compagnie de quelqu’un, je suis dans ma bulle. Et cette bulle, je n’ai pas envie de la partager. » Ses images, en revanche, oui.
La pointe de La Torche offre de belles rencontres entre promeneurs. (Photo Lydie Garrec)20 000 followers et 2,4 millions de vues par mois !
Chaque jour, Lydie Garrec publie sur sa page Facebook, trois à quatre photographies, parfois une vidéo. Vagues, couchers de soleil, herbes, sable, un peu de surf, des coquillages… Ses images sentent bon l’air marin. La Bigoudène rencontre un succès aussi massif qu’inattendu. « Mon compte est suivi par 20 000 followers ! Et 2,4 millions de personnes visionnent mes photos en un mois », précise-t-elle. Avant d’ajouter : « Mais ce n’est pas quelque chose que j’ai cherché ».
Dans les pas de la photographe Lydie Garrec. (Photo Lydie Garrec)
Régulièrement, les promeneurs qui la voient arpenter la plage avec son appareil photo viennent à sa rencontre. Et Lydie Garrec apprécie la qualité de ces échanges.
Quelle que soit la météo, trois à quatre fois par semaine, elle foule ce terrain de jeu naturel dans lequel elle se sent en pleine harmonie. « La nature me parle énormément. Je suis très sensible aux éléments. La maladie a donné un autre sens à ça peut-être. Elle m’a appris à être à l’écoute de moi-même. J’ai appris à lâcher prise, à ne plus être dans le contrôle de tout ce que je ne peux pas maîtriser. Mais ça m’a pris trois ans ! Avant, j’étais hyperangoissée ».
« Apporter du bien-être aux gens »
Quand le soleil se couche, l’atmosphère change complètement. (Photo Lydie Garrec)
Ses confidences, Lydie Garrec les livre avec beaucoup de sincérité, de modestie mais aussi une pointe d’humour et de dérision. Elle parle avec son cœur. « Ma plus grande fierté, c’est d’apporter du bien-être aux gens. Ils me disent en commentaire que ça leur fait du bien de voir les photos, que ça leur procure de la sérénité. Certains m’expliquent que mes clichés font ressurgir de très bons souvenirs aussi. Et d’autres encore me remercient de leur faire découvrir cet endroit merveilleux. À mont tour, j’ai envie de les remercier, tout ça me fait du bien ».
Pratique
Facebook : Lydie Garrec. Instagram :@lydie_garrec.