Maire de Grabels depuis 18 ans, LFI depuis les origines, René Revol officialise sa candidature pour un 4e mandat, à 78 ans. À la tête de la liste « Grabels avec vous », il détaille ses motivations et ses projets pour la 9e commune de la Métropole de Montpellier.
Vous aviez annoncé que votre candidature dépendrait de l’avis de votre médecin : tout est donc OK pour un 4e mandat ?
J’avais dit que je consulterais mon médecin et mon épouse avant de me décider. Tous deux m’ont donné le feu vert : « Vous êtes en pleine forme, allez-y ! ». J’ai donc décidé de me représenter. J’ai une équipe renouvelée, avec beaucoup de jeunes qui souhaitent que je mette mon expérience à profit dans un contexte difficile.
Vous êtes maire de Grabels depuis 18 ans : pas de lassitude ?
Non. Je suis devenu maire à 60 ans, après 40 ans de carrière comme professeur d’économie. Les deux premiers mandats ont permis de rattraper un retard en équipements publics. Sur la dernière mandature, nous avons tenu nos engagements.
Quels étaient-ils ?
Quatre me tiennent à cœur : la rénovation thermique complète de l’école Joseph-Delteil, un chantier de 5 M€ financé à 50 % par des subventions et sans hausse d’impôts, les grands travaux de prévention des inondations dont les récents épisodes pluvieux ont prouvé l’efficacité, la requalification des deux grandes places du village, Jean-Jaurès et Pablo-Neruda, ainsi que la création de la régie publique de l’eau de la Métropole que je préside.
« La commune doit redevenir un bouclier protecteur »
Qu’est-ce qui vous pousse à repartir ?
Le contexte mondial est incertain. Dans ce monde instable, la commune doit redevenir un bouclier protecteur. Protection contre la précarité, avec un « bouclier social » local ; protection de l’emploi, avec la zone d’activité qui crée 600 emplois d’ici 2028 et notre dispositif « Territoire zéro chômeur de longue durée » ; protection de la santé, avec l’arrivée de la clinique Clémentville ; protection contre les inondations et l’insécurité, grâce à une police de proximité et à la vigilance sur les violences intrafamiliales.
Comment s’est décidée l’arrivée de la clinique Clémentville ?
Nous avons tenu bon sur la Zac de Gimel. Les terrains ont été achetés à 35 € le m², bien en dessous du marché, ce qui a permis de maîtriser le foncier. Clémentville a été séduite par l’emplacement : tram à proximité, environnement préservé, 70 % d’espaces naturels. Cette Zac incarne une nouvelle façon de faire la ville : logements, emploi, santé, culture, commerces et transports réunis dans un périmètre accessible à pied. Une « ville du quart d’heure ».
Votre liste « Grabels avec vous » est-elle complète ?
Oui. J’ai mes 31 noms. La majorité des élus sortants repartent, et beaucoup de nouveaux arrivent, de 22 à 78 ans.
« Je ne veux pas d’engagements intenables »
Le positionnement politique de cette liste ?
Tout le monde connaît mes opinions. Je suis un homme de gauche. Mais ma liste n’est pas une liste LFI. C’est une liste unitaire, ouverte, où toutes les sensibilités de gauche sont représentées. Ce qui nous unit, ce sont des valeurs républicaines et des engagements concrets. Depuis 2008, j’ai toujours tenu mes promesses. Je ne veux pas d’engagements intenables. Ce que nous promettrons, nous le ferons.
Votre calendrier de campagne ?
Après cette déclaration de candidature plus formelle, il va y avoir l’élaboration du programme et des réunions publiques hebdomadaires. Mais vous savez, mon calendrier, c’est celui du marché du samedi matin, le porte-à-porte, les rencontres de proximité.
L’opposition est virulente à Grabels : une préoccupation ?
Non. Elle l’a toujours été. Mais la population n’aime pas cette agressivité. Je préfère un débat de fond, digne, sur les projets. Une élection, c’est une double validation : du bilan et du projet. Moi, j’assume les deux.
« Trois priorités : la Zac de Gimel, la jeunesse et la culture »
Quels seront vos grands projets pour un éventuel prochain mandat ?
Trois priorités. D’abord, réussir la Zac de Gimel et l’installation de Clémentville. Le jury d’architecture est lancé, le permis sera déposé avant juin, les travaux dureront jusqu’en 2029. Ensuite, la jeunesse : créer des espaces de rencontre, des équipements sportifs et un « quartier jeune » pour les 12-18 ans, encadré par des animateurs. Enfin, la culture : achever la salle de spectacle des Granges, avec 150 places au cœur du village, qui sera livrée fin 2026. Nous aménagerons aussi la tuilerie de Massane, future « Deltellerie ».
Vous êtes vice-président de la Métropole : quel bilan tirez-vous de cette coopération ?
Pendant neuf ans, j’ai été mis à l’écart. Mais depuis 2015, avec Philippe Saurel puis Michaël Delafosse, j’ai pu travailler efficacement. La régie de l’eau en est la preuve. Je ne revendique pas de poste particulier, mais je crois à la coopération intercommunale. Sur les déchets, il faut réduire la production, développer l’économie circulaire et viser une baisse de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères d’ici 2030. Sur l’énergie, je milite pour une régie publique de l’énergie, sur le modèle de l’eau, afin d’assurer l’autonomie énergétique de la Métropole.

« Depuis 2008, j’ai toujours tenu mes promesses. Je ne veux pas d’engagements intenables. Ce que nous promettrons, nous le ferons. »
Midi Libre – SYLVIE CAMBON
Histoires d’eau et polémique
Vice-président de la Métropole, délégué à la gestion de l’eau et de l’assainissement, René Revol est également président de la Régie publique de l’eau. Il a œuvré pour que Montpellier passe d’une gestion privée (Veolia) à une régie publique.
C’est aussi une histoire d’eau qui occupe aujourd’hui ses opposants. Ils avancent que des agents de la régie sont intervenus le 23 décembre au domicile inondé de René Revol, au lendemain de l’épisode méditerranéen ayant entraîné la crue de la Mosson. Pascal Heymes a saisi le président de la Métropole sur le sujet.
« C’est une calomnie !, s’emballe René Revol. Pendant que je gérais la crise à la mairie, mon épouse a contacté une entreprise privée, Veolia, pour pomper 40 m³ d’eau dans notre garage. Nous avons signé un devis et payé la facture, environ 650 €. Le camion portait le logo de la régie car Veolia a un marché avec elle, mais l’intervention était privée. J’ai porté plainte pour diffamation et dénonciation calomnieuse contre ceux qui ont diffusé ces fausses informations. »