EN BREF
- Michel Drucker, figure emblématique de la télévision
française, a débuté très jeune et a marqué plusieurs générations
avec son style unique. - Face à la commission d’enquête sur l’audiovisuel public,
Drucker exprime son agacement et défend l »importance du service
public. - Une anecdote surprenante sur les débuts de Philippe
Bouvard au Figaro révèle une stratégie audacieuse qui a marqué sa
carrière.
Figure incontournable du paysage
audiovisuel français,
Michel Drucker traverse les décennies avec une
longévité exceptionnelle. Entré très jeune à la télévision, il
a accompagné plusieurs générations de téléspectateurs à travers des
émissions devenues cultes, imposant un style à la fois
bienveillant, curieux et profondément ancré dans la mémoire
collective.
Du sport au divertissement, du
direct aux entretiens intimistes, l’animateur a su s’adapter à
toutes les époques sans jamais quitter le cœur du service public.
Au fil de sa carrière, Michel Drucker s’est aussi forgé une
réputation de conteur hors pair. Carnets de
souvenirs bien remplis, coulisses parfois improbables et rencontres
marquantes avec les plus grandes figures de la politique, de la
culture et des médias.
Michel Drucker monte au créneau pour défendre le service
public
À l’approche de la reprise des
travaux de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public,
l’animateur emblématique a fait part de son agacement face à la
méthode employée. « Ce qu’on demande à
France Télévisions est très compliqué, c’est un travail
gigantesque. Le ton inquisiteur de la commission me
gêne« , a-t-il regretté. Invité sur Buzz TV, le visage
de Vivement dimanche
prochain a insisté sur l’importance d’un service public
solide, en s’appuyant sur son propre parcours.
« Je dois toute ma carrière au
service public. Cela fait 63 ans que je fais de la
télévision dont presque 58 sur le service public, je n’aurais
jamais fait ce parcours si je n’y avais pas été », a-t-il
souligné, avant de rappeler ce que seule cette télévision pouvait
offrir : « le Tour de France, les Jeux Olympiques, Roland-Garros
ou certaines fictions ». Une prise de parole qui intervenait
alors que France Télévisions envisageait de nouvelles restrictions
budgétaires, notamment sur les investissements dans la fiction et
les droits de retransmission.
L’étonnante histoire des débuts de
Philippe Bouvard au Figaro
Toujours aussi prolixe, Michel Drucker a
ensuite captivé son public en racontant une scène totalement
improbable sur les premiers pas de
Philippe Bouvard, lors des 200 ans du Figaro. À l’époque, le futur monument des
médias n’était qu’un adolescent de 17 ans, chargé de distribuer le
courrier pour gagner sa vie. Observateur attentif, il aurait flairé
une occasion unique : « Il avait repéré que le grand patron,
monsieur Brisson, venait soulager sa vessie à 11h tous les
jours après la conférence de rédaction, d’accord, et il
s’est dit : tiens, je vais également y aller à la même heure. Et
pendant des mois et des mois, il est venu aux toilettes en même
temps ».
Une stratégie aussi audacieuse qu’inattendue,
qui a fini par payer. Un jour, le directeur se serait tourné vers
lui : « Toi, je vous connais, non ? ». Le jeune homme aurait
alors saisi sa chance : « Voilà, j’ai remarqué, monsieur le
Président, que vous venez tous les jours à cette heure-ci, c’était
une façon de vous parler. Voilà, j’aimerais bien rester en
journal« . Séduit par cette détermination hors normes,
Monsieur Brisson serait remonté dans les bureaux en déclarant :
« Il y a un gamin de 16 ans, vous l’engagez, il sera
journaliste ».