Par
Rédaction Lille
Publié le
20 janv. 2026 à 8h07
Vendredi 16 janvier 2026, trois hommes ont été jugés en comparution immédiate à Lille (Nord). Ils avaient été observés en plein trafic de drogue sur le boulevard de Metz, dans la capitale des Flandres, deux jours plus tôt. Récit des faits.
Un trafic de drogue sur le boulevard de Metz à Lille
Mercredi 14 janvier, des policiers ont ainsi observé trois hommes s’adonnant à la vente et au transport de produits stupéfiants (cocaïne, héroïne et cannabis). Deux d’entre eux avaient déjà été condamnés pour des faits identiques ou assimilés par le passé. Les trois individus ont été interpellés le même jour, et de l’argent en liquide ainsi que des produits stupéfiants ont été retrouvés sur deux d’entre eux. Le trafic aurait eu lieu entre le 4 décembre 2025 et le 14 janvier 2026.
Au cours des surveillances policières, le premier individu, A., a été observé en train de vendre ces produits. Le deuxième, M., s’occupait du ravitaillement auprès du troisième, Y., qui conservait le produit en liquide des ventes.
L’enquête a révélé qu’A. et Y. étaient effectivement en contact par téléphone. « On m’avait demandé de l’appeler pour qu’il vienne vendre », a confessé ce dernier au cours de l’audience. En outre, bien qu’A. l’a nié lors du procès, il aurait avoué participer à un trafic de drogue avec Y. pendant son interrogatoire.
D’après la présidente de l’audience, « c’est une personne d’origine africaine qui vous drivait et je n’en vois qu’une seule ici ». De plus, le numéro de téléphone de la personne donnant les ordres à A., surnommé « Tonton » dans son portable, correspondrait à celui de Y. Celui-ci a cependant déclaré n’avoir été que « guetteur » et ne pas avoir touché ou possédé de stupéfiants, sauf pour sa consommation personnelle.
A. a par ailleurs déclaré craindre certaines personnes du boulevard de Metz et vendre pour rembourser des dettes, sans davantage de précisions. Il ferait également preuve d’une grande vulnérabilité, due à son addiction aux stupéfiants, et aurait été enrôlé dans ce trafic sans avoir la capacité de refuser, d’après son avocat.
Enfin, au cours de leur garde à vue, les deux prévenus les plus jeunes, M. et Y., auraient proféré des menaces à l’encontre d’A. : « On va n… ta mère, parce que tu as parlé ». Les deux jeunes hommes ont nié ces propos, tout comme leurs avocats, selon lesquels les prévenus ne se seraient pas croisés durant leur garde à vue. A. a néanmoins été placé à l’écart des deux autres lors de l’audience afin d’éviter « toute pression ».
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Une culpabilité remise en cause pour l’un des prévenus
Selon l’avocat de M., les preuves à son encontre seraient limitées. Le prévenu a déclaré ne connaître aucun des autres mis en cause et aucun contact avec eux n’a été retrouvé dans son téléphone portable. « Je suis consommateur de cannabis, j’étais parti en acheter pour 10 euros, et c’est avec ça qu’on m’a retrouvé. »
Le compte rendu de police indiquait toutefois que cet homme avait été vu entrant et sortant d’un bâtiment du boulevard de Metz avec des sachets remplis de drogue. D’après l’avocat de M., ces mêmes comptes rendus décrivaient une personne nord-africaine portant un survêtement noir, sans davantage de précisions ni photo attestant de l’identité du jeune homme.
Or, M. portait un survêtement gris et non noir. Un seul policier participant à la surveillance aurait identifié M., ce que son avocat a jugé insuffisant : « Je peux trouver 15 personnes en une heure correspondant à la description donnée. Un policier est un témoin, il devrait être traité comme n’importe quel témoin, et les témoins font des erreurs d’identification, ils ont des biais. »
Enfin, le prévenu, dont le casier judiciaire est vierge, ne serait arrivé à Lille que le lundi précédant son interpellation, alors que les faits reprochés s’étalent entre le 4 décembre 2025 et le 14 janvier 2026.
Les deux autres hommes présentent en revanche un lourd passif judiciaire, avec plusieurs condamnations pour port d’arme non réglementé, vols, ainsi que transport et vente de stupéfiants.
Le tribunal a rendu sa décision quelques minutes après le procès. M. a été relaxé pour les faits antérieurs au 11 janvier, mais condamné pour les faits postérieurs à une peine de six mois d’emprisonnement ferme aménagée sous la forme d’un placement sous surveillance électronique à domicile, assortie de six mois d’emprisonnement avec sursis simple, ainsi qu’à une interdiction de paraître dans la région des Hauts-de-France pendant cinq ans.
Y. a été condamné à douze mois d’emprisonnement ferme, assortis de la révocation d’un sursis de cinq mois issu d’une précédente condamnation, entraînant son incarcération immédiate, ainsi qu’à une interdiction de se rendre dans les Hauts-de-France pendant cinq ans. Enfin, A. a été condamné à trois mois d’emprisonnement ferme en maison d’arrêt, avec effet immédiat.
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