Même l’expert psychiatre ne comprend pas vraiment tout du fonctionnement de Karim Z. Dans son rapport, il explique qu’il est « difficilement curable, avec une dangerosité élevée, une instabilité psychique » et qu’il souffrirait d’une schizophrénie « pas soignée ». Il consommerait de la cocaïne.
Le 29 octobre 2025, Karim rodait aux abords de l’hôpital de la Timone à Marseille avant de pénétrer dans les urgences. Il avait réussi à s’introduire dans le bureau des urgentistes, pourtant sécurisé par un badge. Il avait ainsi dérobé plusieurs cartes bleues, une paire de chaussures, un ordinateur portable, une clé de cave et une clé d’Audi. C’est d’ailleurs à bord du véhicule qu’il s’était enfui, ivre, en direction d’Aix.
Il avait embouti l’Audi, qui avait été retrouvée par la suite, très endommagée, avec des cales sous les roues. Il avait ensuite effectué divers paiements sans contact auprès de commerçants avant de se confronter au refus de l’un d’eux, qui avait ainsi appelé la police.
« Pas de shit ni d’alcool »
« Madame, y’a pas de shit ni d’alcool dans ce que j’ai acheté, juste de quoi manger », justifie l’homme de 38 ans depuis le box du tribunal d’Aix d’où il est jugé. « 19 € de jeux à gratter ? Des cigarettes ? C’est pas vraiment alimentaire ça Monsieur », répond la présidente. « Oui, ça c’est vrai, reconnaît-il. Je sais pas pourquoi j’ai volé tout ça. Je ne me comprends pas des fois. »
« C’est un peu la satisfaction de l’instant, argue son avocat. Cette personne est atteinte d’une pathologie. Quelle part de responsabilité peut-on lui imputer dans ces faits ? Son parcours est particulièrement triste. » Le tribunal le condamne à deux ans de prison ferme dont six mois de sursis probatoire avec obligation de soins, d’indemniser les victimes et prononce une annulation de son permis de conduire ainsi que son maintien en détention.