© Shutterstok – Selon l’Ifop pour Sepur, les Franciliens trient moins leurs biodéchets en 2026 et restent majoritairement opposés aux hausses de coûts liées aux déchets.
Le tri des biodéchets recule fortement en Île-de-France, selon la troisième édition du baromètre Sepur « Les Français et leurs poubelles », réalisé par l’Ifop. Deux ans après l’entrée en vigueur de l’obligation de tri, 36 % des Franciliens déclarent trier leurs biodéchets, contre 49 % l’an dernier.
La région se situe ainsi très en deçà des territoires les plus vertueux, le Sud-Ouest faisant figure de bon élève avec 68 % de tri. À l’échelle nationale, les Français sont de plus en plus nombreux à ignorer l’obligation de trier leurs biodéchets, 47 % contre 41 % l’an dernier. Les Franciliens restent toutefois légèrement au-dessus de la moyenne, un sur deux ayant connaissance de cette obligation.
L’étude souligne en revanche que les habitants d’Île-de-France expriment davantage de craintes face au tri des biodéchets, 35 % contre 19 % au niveau national.
Une forte opposition à la redevance incitative
Les Franciliens se déclarent majoritairement opposés à la mise en place de la redevance incitative pour la collecte des déchets, à 58 %, un niveau proche de la moyenne nationale.
Ils sont également 58 % à rejeter une hausse de la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP), qui se répercuterait sur leur facture. Cette contribution, payée par les collectivités exploitant des installations de traitement des déchets, est augmentée chaque année par l’État afin de rendre le traitement final plus coûteux et d’encourager le réemploi, le recyclage et la prévention.
Cette opposition est toutefois un peu moins marquée qu’au niveau national, où 65 % des Français se déclarent défavorables à une hausse de la TGAP. Un fossé générationnel apparaît : 53 % des 18-24 ans soutiennent cette stratégie, tandis que 73 % des 65 ans et plus y sont opposés.
Youri Ivanov, président de Sepur, estime que « si la redevance incitative apparaît attractive sur le papier, sa mise en œuvre demeure complexe et suscite des réticences ». Il ajoute que « ce constat doit inciter les acteurs de l’environnement, tels que Sepur, à poursuivre, aux côtés des collectivités, le développement d’autres stratégies de prévention, à la fois efficaces et adaptées aux spécificités des territoires ».
Des attentes fortes envers les communes
Les Franciliens se disent globalement satisfaits de la gestion des déchets dans leur commune, à 83 %, et reconnaissent l’action des collectivités pour favoriser le tri, à 73 %. Ils jugent également positivement le nombre de poubelles mises à leur disposition, 69 %, un niveau toutefois inférieur à la moyenne nationale (77 %).
Ils expriment néanmoins des attentes fortes : 81 % souhaitent davantage d’information de la part de leur commune sur la gestion des déchets, contre 76 % au niveau national. Ils placent même comme priorité le développement du tri à la source chez soi (32 %), loin devant la digitalisation des outils (11 %) ou l’augmentation des moyens humains et financiers (15 %).
Ces exigences contrastent avec une faible participation aux initiatives locales : 74 % n’ont jamais visité un centre de tri et 84 % n’ont jamais pris part à une opération de ramassage des déchets.
Comme l’ensemble des Français, les Franciliens privilégient encore le courrier et le bulletin municipal pour s’informer (22 % et 31 %). Ils se distinguent toutefois par un intérêt plus marqué pour une information via application mobile (19 % contre 12 % au niveau national).