Par
Mathilde Carnet
Publié le
20 janv. 2026 à 6h26
Une année « critique ». Lors de sa cérémonie de vœux, la maire du Neubourg, Isabelle Vauquelin, n’a pas caché les difficultés rencontrées par le cinéma municipal, Le Viking, en 2025. Il faut dire que l’année 2024 avait été particulièrement bonne, avec le succès de plusieurs films très fédérateurs comme Un p’tit truc en plus ou encore Le Comte de Monte-Cristo. Le Viking enregistrait alors 60 000 entrées sur l’année.
Après une très bonne année 2024
En 2025, on ne compte « que 49 000 entrées payantes », annonce la maire. Au niveau national, l’année 2025 a été difficile pour les cinémas, avec une baisse du nombre d’entrée dépassant les 13 %.
« Après une année exceptionnelle, on fait un peu moins bien que 2023 », explique le gestionnaire du cinéma, Stéphane Foulogne. Pour lui, 2026 sera révélatrice : « est-ce que l’exception était 2024 ? Ou bien 2025 ? »
Pour le gestionnaire, qui s’occupe également d’un cinéma au Havre, les temps ont changé, et pas dans le bon sens pour les cinémas.
Qui fait figure d’exception ?
« Le problème est politique et mondial. Les producteurs n’osent plus investir dans le contexte actuel, et on a eu peu de grosses productions fédératrices en 2025 », analyse-t-il.
Les films qui ont fait les meilleurs chiffres l’an passé : Zootopie, Lilo et Stitch et les Bodin’s, n’ont réuni chacun « que 9 000 spectateurs » au Neubourg, avance Isabelle Vauquelin. Quand, en 2024, les grosses productions atteignaient les 13 000 entrées.
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« Il faut des films ‘locomotives‘, qui attirent les gens au cinéma. Sans locomotive, les wagons ne bougent pas », image Stéphane Foulogne, qui se démène pourtant pour multiplier les événements au cinéma.
Baisse de fréquentation et hausse de l’énergie
En 2025, il a fait venir Les Bodin’s, « le seul événement où l’on a dû refuser du monde », mais aussi Jérôme Commandeur ou encore Lorànt Deutsch, sans compter de nombreuses avant-premières.
« Autrefois, on remplissait la salle de 400 personnes sans difficulté. Aujourd’hui, on fait 300, 350 places… » Est-ce que le public reste chez lui ? Consomme des films via des plateformes ? « Sûrement. »
Et à côté de ça, le cinéma coûte de plus en plus cher à la Ville. « À la baisse de fréquentation, il faut ajouter le coût de l’énergie qui augmente. Au final, sur le prix du billet, il nous reste 30 % », ajoute Stéphane Foulogne.
Le prix des billets a pourtant été augmenté en 2024, passant de 6 à 7 euros pour une entrée individuelle.
Mais, avec tous les tarifs réduits, l’entrée coûte en moyenne 5,48 euros, ce qui est très peu par rapport aux grands groupes de cinéma. « La culture accessible, c’est très important pour nous », commente la maire.
Peu de gros films en 2026
Alors, pour 2026, Le Viking « croise les doigts ». « On va faire le plus d’économies possible, changer de fournisseur d’électricité et programmer un maximum d’événements », avance le gestionnaire.
Déjà, en février, deux gros films arrivent et seront à découvrir en avant-première au Viking : Marsupilami et Lol 2.0. Dans l’année, on attend aussi le film Gourou, avec Pierre Niney et Les Misérables, avec Vincent Lindon.
« Ça peut marcher, estime Stéphane Foulogne tout en restant prudent. Pour l’instant, les trois premières semaines de 2026 sont pareilles que celles de 2025… »
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