Comme la plupart des équipes, la formation Elite Fondations a préparé la saison à venir sur les routes ensoleillées de la Costa Blanca. Pendant quelques jours, les coureurs de l’équipe suisse promue en Continentale ont pu bénéficier, sur le terrain, des conseils de l’ancien professionnel Sébastien Reichenbach. Le Valaisan, qui a mis un terme à sa carrière fin 2024, est depuis l’an passé le responsable du pôle performance de l’équipe romande. “J’entraîne Alexandre Binggeli, Matteo Oppizzi, Justin Salamin et Arnaud Tissières. J’ai aussi un œil sur tous les coureurs de l’équipe. Je vérifie que tout se passe bien et qu’ils sont tous prêts pour le début de saison”, rapporte-t-il à DirectVelo, alors que la Conti débutera chez les professionnels lors du Grand Prix La Marseillaise et de l’Étoile de Bessèges.
PAS INTÉRESSÉ PAR LE MONDE PRO
Sa présence auprès des athlètes est un vrai plus selon Loïc Hugentobler. “Il a amené par exemple le test lactate de chez les professionnels. On n’avait pas cette connaissance-là”, reconnaît le manager de la structure. Et son parcours chez les professionnels est un véritable atout. “La réception des coureurs est meilleure quand ça vient de quelqu’un comme lui ou de Laurent Dufaux, l’un de nos directeurs sportifs, surtout quand ils arrivent dans l’équipe”.
Entraîner n’est pas une nouveauté pour l’ancien coéquipier de Thibaut Pinot. Pendant toute sa carrière de coureur, il a accompagné en parallèle quelques athlètes dont Antoine Debons. “L’entraînement m’a toujours intéressé. J’ai toujours voulu comprendre ce que je faisais à l’entraînement”. Au moment d’arrêter sa carrière, Sébastien Reichenbach voulait rester dans le milieu cycliste. “Je connaissais du monde chez Elite Fondations. J’ai suivi l’évolution de l’équipe. J’ai contacté Loïc (Hugentobler) pour savoir si ça l’intéressait que je suive deux ou trois coureurs. Il m’a de suite accueilli”. L’ancien Champion de Suisse a préféré se tourner vers les jeunes coureurs plutôt que de chercher une place chez les professionnels. “Ça ne m’intéressait pas du tout. Les jeunes, c’est différent. C’est familial, sympa…”.
« DES EXPÉRIENCES CATASTROPHIQUES ET D’AUTRES TRÈS BONNES »
Sébastien Reichenbach ne veut pas être le genre d’entraîneur qui ne quitte jamais des yeux les écrans. “Il sait qu’un jeune le 1er janvier peut récupérer de son 31 décembre et ce n’est pas grave de ne pas rouler… Le coureur reste un humain”, rappelle Loïc Hugentobler. “J’ai eu des expériences catastrophiques et d’autres très bonnes, fait savoir celui qui est passé par IAM Cycling, la Groupama-FDJ et Tudor. Les scientifiques que j’ai eus à la fin, c’était une catastrophe. Il n’y avait aucune communication. Tu recevais un planning, tu devais le faire. Tu n’avais aucun retour. J’ai eu beaucoup de peine avec ça. Être un bon entraîneur, ce n’est pas que des chiffres mais faire un suivi. Les watts, c’est un outil mais le ressenti est le meilleur moyen de juger un effort. Le coureur a besoin d’échanger. Le plan d’entraînement, tu peux le trouver partout”.
Aujourd’hui, il suit une vingtaine de coureurs et fait en parallèle des études posturales. Chez Elite Fondations, qui part en 2026 avec un groupe de 21 coureurs, soit dix dans la Conti et onze dans l’équipe amateur, il apprécie la passion de ceux qu’il côtoie. “Ce n’est pas pris comme un travail. Tout le monde y met du cœur, le plaisir est différent”. Ce qui n’est pas pour lui déplaire.