Par
Lisa Rodrigues
Publié le
20 janv. 2026 à 15h32
Cela fait deux mois qu’environ 150 personnes occupent une salle de Grenoble-Alpes Métropole. Elles ont été expulsées de leurs appartements place des Géants en novembre dernier, squattés par des marchands de sommeil qui leur sous-louaient les logements. Lundi 19 janvier, pour marquer les deux mois de leur mobilisation, tous se sont rendus devant la mairie de Grenoble pour réclamer une solution pérenne.
Parmi ces 150 personnes, une dizaine de mamans avec des enfants en bas âge dans leurs poussettes. Bien qu’assurées du soutien de la Métropole, elles témoignent de conditions de vie « difficiles » ces dernières semaines et d’une situation « intenable ».
Deux toilettes pour 150 personnes
L’une d’entre elle, toujours hébergée à la Métropole, vient d’accoucher. « Mon enfant est à l’hôpital », car « je n’ai pas trouvé de logement ». Elle décrit des journées longues, passées dans la salle mise à disposition par la collectivité, et des nuits difficiles. « On a des matelas, mais les enfants ne dorment pas. On ne dort pas. »
Une autre mère s’inquiète d’un séjour prolongé à la Métropole, avec seulement deux sanitaires pour 150 personnes. « Ce n’est pas facile avec les bébés ! L’eau chaude n’est pas là tout le temps. »
« On est très très fatiguées. Il y a des femmes enceintes, il y a des bébés, des enfants, poursuit avec colère une autre maman. En France, un être humain qui reste dehors, ce n’est pas bon. »
Des conditions déjà difficiles avec les marchands de sommeil
Avant d’être au siège de la Métropole, toutes étaient logées avec leurs familles dans des appartements de la place des Géants, sous contrôle de marchands de sommeil. « On a fait six mois là-bas, se souvient l’une d’entre elles. On y est restés pour ne pas être dehors avec les enfants. »
Les conditions étaient, là non plus, loin d’être idéales. « Il n’y avait pas de bonnes toilettes, le chauffage n’était pas là tout le temps, le courant pouvait couper… Et on était très nombreux dans une seule maison. »
Le bailleur social Actis, propriétaire des murs, a finalement fait expulser les occupants des lieux en novembre 2025. Sans proposer de solution derrière, assurent les mamans rencontrées.
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« Environ 25 personnes ont pu être relogées »
Depuis deux mois, un dialogue est en place entre la Métropole, les 150 naufragés et les associations pour trouver une solution pérenne.
« Aujourd’hui, environ 25 personnes ont pu être relogées dans plusieurs communes de la Métropole. On est encore sur 130 personnes qui dépendant de la Métropole pour se mettre à l’abri », indique Manon, bénévole de l’association Droit au logement 38.

Depuis novembre 2025, 150 personnes occupent une salle de la Métropole de Grenoble, après avoir été expulsées de leurs logements sans solution de secours. (©Lisa Rodrigues / actu Grenoble)
Problème, « dans les propositions sur la table, on arrive à loger à peu près 110 personnes » sur les 150. « C’est pour ça qu’on demande à la mairie de Grenoble de reprendre les recherches. On sait qu’il y a des logements qui pourraient être mobilisés« , comme à la Cité de l’Abbaye.
Des appartements pas toujours adaptés aux familles
Quant à savoir qui bénéficie des logements mis à disposition, « tout est géré en interne par les occupants, qui décident de qui part en premier », explique Manon. En respectant aussi la typologie des appartements. « On sait déjà que certains ne seront que pour des hommes seuls. »
Aucune des mères de familles rencontrées n’a pu encore emménager dans l’un de ces logements. « Celles avec des bébés plus petits partiront sûrement avant », souffle l’une d’entre elles.
En attendant, toutes se serrent les coudes. « Il y a de la solidarité entre nous, pour nous donner de la force et du courage. »
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